La Marine belge espère récupérer une frégate d'ici à l'automne en vue d'un déploiement en mer Rouge
Les deux dernières frégates dont dispose la Marine belge sont actuellement hors d'usage. Pour le Louise-Marie, c'était prévu. Elle subit en ce moment une révision d'envergure, qui court jusqu'à la fin de l'année 2027. Quant au Léopold Ier, il est tombé en panne début juillet. L'inquiétude qui entourait ce navire se dissipe toutefois un peu. Il devrait pouvoir être réparé, ce qui n'était pas garanti, avec l'espoir de rejoindre la mission européenne Aspides en mer Rouge cet automne.
"Plusieurs avaries techniques se sont succédé" sur le Léopold I, explique la Marine. "La principale concernait les deux groupes de refroidissement du navire, qui étaient tous deux indisponibles. Cette défaillance ne permettait plus de poursuivre normalement la mission." La frégate était alors déployée au sein de l'un des groupes maritimes permanents de l'Otan (Organisation du traité de l'Atlantique nord), le Standing NATO Maritime Group 1 (SNMG1).
De Norfolk à Den Helder
"Le problème technique sur les groupes frigorifiques a été constaté alors que le bâtiment se trouvait à la base navale de Norfolk", aux États-Unis. "La frégate est restée immobilisée à quai pendant environ deux semaines, principalement à […] Norfolk. Une solution provisoire a permis au Léopold Ier de reprendre la mer, de rejoindre le groupe de l'Otan, de continuer son déploiement" et de finalement accoster le mercredi 22 juillet à la base navale de Den Helder, aux Pays-Bas, "où les réparations définitives doivent être réalisées".
Le 11 juillet, dans La Libre, l'amiral Tanguy Botman, commandant de la Marine belge, ne pouvait garantir que le navire puisse être réparé. La frégate est en effet en fin de vie. Elle doit en principe être mise hors service en 2031. Il s'agissait de s'assurer que la réparation puisse être effectuée à un prix raisonnable, tout en offrant les garanties nécessaires pour un déploiement sécurisé en zone de conflit. La situation a visiblement évolué dans ce sens.
"À un moment, on n'aura plus de frégate, on risque de se retrouver avec un trou capacitaire", prévient le patron de la Marine belge"Une réparation complète est prévue, précise la Marine. Les équipes techniques compétentes sont à pied d'œuvre et ont commencé les réparations. À ce stade, il n'est toutefois pas encore possible de confirmer avec certitude la date d'achèvement des réparations. L'objectif demeure de respecter autant que possible le calendrier opérationnel." À cet égard, "le déploiement du Léopold Ier en mer Rouge est l'objectif de la remise en état de la frégate".
Les ratés des Pays-Bas
Selon le planning des opérations 2026 de la Défense belge, le Léopold Ier et ses 180 membres d'équipage doivent être déployés pendant environ deux mois, vers octobre-novembre, au sein de l'opération de l'Union européenne Aspides. Cette opération vise à protéger la navigation dans la mer Rouge, le golfe d'Aden et l'océan Indien, qui abritent des routes commerciales de première importance pour les navires marchands européens.
Roumanie, Islande, Lituanie… L'armée belge renforce son déploiement sur le flanc est de l'Europe, face à la menace russeLa réparation du Léopold Ier va donner un peu d'air à la Marine. "La frégate est la plus petite plateforme qui peut être employée dans le spectre global des opérations. […] Au niveau politique, c'est un instrument très important", énonçait l'amiral Botman pour expliquer le rôle essentiel qu'elle joue pour une armée. Sans elle, la Belgique est grandement limitée dans ses capacités maritimes.
Pour couronner le tout, le dossier du remplacement des deux frégates, pris en charge par les Pays-Bas, dérape complètement. Les nouveaux navires ne seront pas livrés avant 2033-2034, après la fin de vie des frégates actuelles, mais encore faut-il que le projet se concrétise bien… "Si c'est possible, nous continuerons avec les Néerlandais, déclarait le ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), le 19 juillet. Nous avons une longue tradition commune et c'est préférable de travailler sur la même plateforme. Mais si c'est dans les conditions actuelles, avec un prix qui a doublé et un timing catastrophique, nous avons un problème", prévenait-il. Aussi annonçait-il qu'il allait se renseigner auprès de l'Espagne, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie ou encore de la Turquie pour envisager des solutions (encore inconnues à ce stade) visant à pallier les défaillances du programme néerlandais.
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