La marine française a arraisonné un pétrolier suspecté d’appartenir à la flotte fantôme russe
France 12/10/2026 21:56 Actualisé le 12/10/2026 21:58
Le navire pétrolier « DF Peak » a été arraisonné au large de La Réunion. Emmanuel Macron a salué cette opération.

HANDOUT / AFP
La marine française a arraisonné un pétrolier suspecté d’appartenir à la flotte fantôme russe. Photo d’illustration.
Un nouvel abordage. La marine française a arraisonné un navire pétrolier, le DF Peak, « suspecté de naviguer sous un faux pavillon » et d’appartenir à la flotte fantôme russe, a annoncé ce lundi 12 octobre Emmanuel Macron. Le chef de l’État a indiqué sur X que ce navire était « impliqué dans des activités illicites de transport de carburants ».
Il a été arraisonné dans la matinée, à plus de 450 nautiques au sud de La Réunion. « La France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme », a déclaré Emmanuel Macron, employant un terme utilisé pour désigner des navires utilisés par la Russie pour contourner les embargos occidentaux.
Battant pavillon béninois, le DF Peak est un pétrolier figurant sur la liste de l’UE des navires placés sous sanctions, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe depuis le 25 juin 2024 alors qu’il s’appelait Kaliningrad.
« L’examen des documents par l’équipe de visite après sa montée à bord a confirmé les doutes quant à l’irrégularité du pavillon arboré », a indiqué sur X l’état-major des armées françaises, précisant avoir procédé au « déroutement du navire sous escorte des moyens de la Marine nationale ».
Inquiétudes sur l’avenir de la guerre en Ukraine
Plus de 700 navires sont actuellement inscrits sur la liste des sanctions européennes. Les navires soupçonnés de servir à la Russie pour exporter ses hydrocarbures malgré les sanctions américaines, britanniques ou européennes, changent parfois de nom ou de pavillon pour déjouer les contrôles.
L’annonce du président français intervient dans un contexte d’inquiétude des Européens sur l’avenir de la guerre en Ukraine, après des levées de sanctions et un accord sur le gazole russe entre Washington et Moscou.
Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi avoir négocié la livraison de quantités massives de gazole russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou, au grand dam du président ukrainien Volodymyr Zelensky qui a dénoncé une décision « indigne ».
L’Union européenne a de son côté promis de continuer à renforcer ses propres mesures contre Moscou, et la cheffe de sa diplomatie, Kaja Kallas, a déclaré samedi que la levée de sanctions sur le gazole russe contribuait à alimenter la guerre menée par le Kremlin contre son voisin ukrainien.
Donald Trump a également annoncé dimanche un « cessez-le-feu énergétique » entre la Russie et l’Ukraine. Une trêve non respectée selon Volodymyr Zelensky : « Il apparaît de plus en plus clairement que la Russie refuse d’accepter la trêve énergétique proposée par les États-Unis et qu’elle entend poursuivre ses attaques aériennes terroristes contre notre population », a-t-il dit lundi sur X. Selon le dirigeant ukrainien, la Russie a frappé lundi six infrastructures énergétiques en Ukraine.