Guy Parmelin : les défis de sa succession à l'Economie
Selon la coutume, l'élu qui remplace un conseiller fédéral après son départ n'hérite pas nécessairement de son poste. Les six autres ministres en place peuvent aussi en profiter pour changer de département.
Le futur conseiller fédéral en charge de l'Economie pourrait-il donc s'appeler Beat Jans? Ce scénario – un ministre socialiste à la tête du DEFR, département convoité – serait une première, la droite majoritaire n'ayant jamais souhaité partager le pouvoir dans certains domaines. Dans les milieux bourgeois, cette possibilité, bien que peu probable, suscite de vives inquiétudes.
Ce département "doit rester en mains bourgeoises", affirme le président d'Economiesuisse Silvan Wildhaber, soutenu par le coprésident du PLR Benjamin Mühlemann. L'Union suisse des arts et métiers (Usam) demande de son côté que le successeur soit quelqu'un qui comprenne les "réalités entrepreneuriales".
Dans la NZZ, un commentateur se demande même si la Suisse survivrait à Beat Jans comme ministre de l'Economie.
>> Les précisions de Forum :
Changement envisagé
Les critiques deviennent de plus en plus personnelles. Selon certains, Beat Jans manquerait de 'leadership' et n'aurait pas d'intérêt particulier pour l'économie. Le Bâlois fait face à un tir de barrage et une campagne d'une rare virulence.
Le socialiste, qui ne s'exprime pas sur ces critiques, est déjà régulièrement la cible d'attaques de l'UDC sur l'asile. Il a déjà dit par le passé qu'il envisagerait sérieusement de changer de dicastère le jour où d'autres départements se libéreraient.
Oppositions aussi à gauche
A gauche aussi, des voix s'élèvent contre une reprise du DEFR par un socialiste. La présidente des Vert-e-s Lisa Mazzone appelle Beat Jans à rester à la tête du département de Justice et Police afin de ne pas laisser l'asile aux mains de l'UDC. Le président de Travail.Suisse Adrian Wüthrich s'inquiète, lui, de voir son camarade paralysé et contre-productif s'il reprend l'Economie.
Au moment d'exprimer ses désirs aux autres membres du Conseil fédéral, Beat Jans aura fait ses calculs. Il pourrait renoncer à changer de département ou se faire brûler la priorité par le centriste Martin Pfister, actuellement à la Défense. L'issue dépendra des considérations stratégiques des sept ministres.
>> Ecouter aussi les explications d'Agnès Wuthrich dans le 19h30 :