Alexandre Texier et Zachary Bolduc sont assis l’un à côté de l’autre dans le vestiaire du Centre Bell, tandis que leur joueur de centre actuel, Phillip Danault, est assis du côté opposé, pratiquement à l’autre extrémité du vestiaire.

Des demandes d’entrevues avaient été faites pour chacun des trois membres du trio au terme de l’entraînement de lundi. Toujours moqueur, Danault a décidé d’aller s’asseoir entre Texier et Bolduc.

Résultat : les trois joueurs ont donné ensemble une sympathique mêlée de presse.

C’est à la fois le reflet de l’humeur bon enfant qui règne au sein du Canadien et du plaisir qu’ont Danault, Texier et Bolduc à jouer ensemble en ce moment.

Depuis qu’ils ont été réunis, leur trio passe beaucoup de temps en zone adverse et atténue au minimum les ambitions de l’adversaire.

Ça commence avec Danault, qui est en train de démontrer que l’anomalie n’était pas son rendement élevé en séries éliminatoires, mais la période de transition qui avait suivi son arrivée à Montréal en milieu de saison dernière.

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Maintenant qu’il s’est intégré à la culture de l’équipe, au système de jeu et aux diverses demandes de Martin St-Louis, tout lui vient plus naturellement.

Maintenant, je me sens vraiment à ma place, je suis sur mon X, nous a dit Danault.

Texier, pendant ce temps, entretient la confiance de son entraîneur par la constance de son jeu et par l’intelligence dont il fait preuve.

Et puis il y a Bolduc, qui selon St-Louis a entamé la saison à un niveau plus élevé que celui qu’il présentait en séries.

En l’espace de quelques matchs, Texier et Bolduc – qui n’étaient pas à l’abri d’être relégués au rang de 13e attaquant en début de calendrier – ont consolidé leurs postes au sein d’un trio fiable.

Lorsqu’ils sont sur la glace ensemble à 5 contre 5, 77,9 % des buts attendus penchent en faveur du Canadien.

Quand des joueurs sont contents de jouer ensemble, ils vont toujours s’entraider beaucoup plus. C’est ce qu’on voit avec ce trio-là. J’aime beaucoup ce qu’ils nous donnent. Il y a beaucoup de communication entre eux, pas seulement offensivement, mais défensivement aussi.

Sans pour autant avoir délaissé sa contribution offensive, Bolduc est le seul joueur du Canadien à n’avoir été sur la glace pour aucun but de l’adversaire cette saison, peu importe la situation.

Après une première campagne à Montréal sous le signe de l’apprentissage, avoir plus de prévisibilité dans ses partenaires de jeu lui fait du bien.

C’est le fun d’avoir des compagnons de trio stables, a-t-il reconnu. Tu crées une chimie et, à mon avis, il n’y a rien de plus fort que ça sur une glace. Tu as beau pratiquer, apprendre tous les systèmes et faire les plus belles feintes, il n’y a rien comme une chimie que tu développes avec tes compagnons de trio. C’est solide, on a énormément de plaisir à jouer tous les trois ensemble et on connecte.

Le sens des responsabilités de Dobes

Si le Canadien avait décidé de donner un deuxième départ de suite à Jacob Fowler pour mieux allumer un feu sous Jakub Dobes, on ne pouvait pas se fier à Martin St-Louis pour le confirmer.

Le gardien tchèque a dit appuyer entièrement la décision des entraîneurs d’avoir fait appel à Fowler face aux Red Wings de Détroit.

C’était la bonne décision, parce qu’il a très bien joué samedi, a-t-il indiqué.

Il effectue un arrêt.

Jakub Dobes juge que Jacob Fowler méritait le filet samedi.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Dobes admet que son état d’esprit a changé cette année. Il se sent désormais comme un joueur de la LNH à part entière, de sorte qu’il ne sent plus le besoin de se prouver pour en finir avec la situation précaire dans laquelle il se trouvait jadis.

Mais cela ne veut pas dire qu’il tient quoi que ce soit pour acquis. Au contraire, Dobes aborde son travail avec encore plus de sérieux qu’auparavant.

Je sens dans ma préparation que j’ai plus de responsabilités à l’égard de mes coéquipiers et des amateurs. J’essaie d’être le mieux préparé possible pour ne pas avoir de regrets. En ayant plus de responsabilités, je ne veux décevoir personne.

Dobes sait qu’il a des choses à travailler, mais il ne sait pas toujours tout ce qu’il doit améliorer. C’est que, parfois, a-t-il dit, l’entraîneur des gardiens Marco Marciano évite les explications et applique plutôt les correctifs qu’il souhaite voir au moyen des exercices à l’entraînement.

À force de faire des répétitions, mon cerveau va enregistrer la correction, ajoute Dobes. Il ne veut pas que je pense trop à ce que je dois faire, donc il en fait un processus plus naturel. Je lui fais entièrement confiance.

En l’absence de Samuel Montembeault, la situation devant le filet du CH a rapidement pris une nouvelle tournure. L’équipe jouera deux matchs en 24 heures, mardi et mercredi, ce qui signifie que Dobes et Fowler devraient tous les deux voir de l’action. S’il fallait que Fowler connaisse une meilleure semaine que Dobes, il deviendrait plus difficile de céder Fowler au Rocket de Laval au retour de Montembeault que ça a pu l’être à la fin du camp d’entraînement.

Cela dit, Montembeault n’est pas complètement absent. Il reste dans les parages de l’équipe et cela plaît beaucoup à Dobes.

C’est drôle de nous retrouver de nouveau ensemble, les trois gardiens, a-t-il dit en riant. Je trouve ça super quand on est tous les trois; je trouve ça plus amusant à cause de l’énergie qu’on a ensemble.

Des objectifs pour l’attaque à cinq

Le Canadien a abondamment travaillé ses unités spéciales, lundi. L’attaque à cinq ne revendique qu’un but en 17 occasions, un rendement qui lui vaut le 31e rang de la LNH, ex aequo avec les Sabres de Buffalo, qui débarquent justement au Centre Bell mardi.

St-Louis ne se montre pas particulièrement inquiet par rapport à la situation, même si la quantité d’enseignement à l’entraînement traduisait bien la volonté de corriger le tir.

L’entraîneur-chef a donné quelques exemples de choses qu’il souhaitait voir davantage mises en application par son attaque à cinq.

Tout d’abord, il veut augmenter la circulation devant le filet pour empêcher le gardien adverse de bien lire les passes. Samedi, le gardien Daniil Tarasov anticipait bien les jeux de l’avantage numérique du Canadien, car il avait les yeux sur chacune des passes.

St-Louis voudrait en outre que ses joueurs feignent davantage de lancers de façon à laisser le gardien se compromettre. Une passe-retour là d’où la rondelle provenait permettrait de capitaliser sur un gardien pris hors position.

Finalement, St-Louis invite Lane Hutson à être plus mobile au centre de la zone et à tenter plus de lancers en ligne directe avec le gardien, là où il pourrait le mieux profiter de la circulation.