La RDC accusée de crimes contre l’humanité devant la CPI: “Une répression sauvage”
Des représentants de la société civile du Katanga ont saisi la Cour pénale internationale (CPI) vendredi dernier pour dénoncer des crimes contre l’humanité et de graves atteintes aux droits humains commis contre des opposants au président congolais Félix Tshisekedi et les populations katangaises et swahilophones, accusant le régime de mettre en place depuis 2019 une “politique délibérée et systématique de violence”.
Kevin Dupont
Source: Belga
13 juillet 2026, 19:01
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“Le Katanga se caractérise par une répression sauvage de tout mouvement qui pourrait être perçu comme une simple contestation”, a déploré lundi l’avocat congolais Hervé Diakiese Kyungu, représentant des plaignants katangais devant la CPI, lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Face à “la répétition, l’aggravation des violences, nous nous sommes rendu compte de la mise en place d’un système d’attaques généralisées à l’encontre des populations civiles”, a-t-il ajouté.
108 exécutions
La plainte principale déposée devant la CPI, basée à La Haye, vise onze massacres perpétrés entre 2019 et 2016 sous l’autorité du régime Tshisekedi, impliquant, entre autres, les forces armées congolaises (FARDC) et la milice privée du parti présidentiel (ABSU). Parmi eux sont notamment mentionnés l’exécution de 108 participants à des marches pacifiques à travers le Katanga en mars 2020, l’assaut et les violences sexuelles commises par des forces de sécurité lors de l’évasion de la prison de Makala à Kinshasa en 2024, ainsi que le massacre d’un groupe d’adeptes Wazalendo à Goma (province du Nord-Kivu) en 2023.
Selon les plaignants, la prédation minière représente le mobile principal derrière les exactions commises dans la région du Katanga, au sud de la RDC. “Des membres de la famille proche du président ont déployé un réseau d’intérêts miniers exclusivement dans les provinces katangaises, sous protection armée des FARDC. La répression particulièrement violente des populations katangaises en est la conséquence directe: toute organisation communautaire ou politique katangaise est une menace au contrôle économique à neutraliser”, dénoncent-ils.
La seconde communication déposée devant le procureur de la CPI porte, elle, sur des “enlèvements transfrontaliers”, ainsi que “des centaines de détentions arbitraires dans des lieux clandestins sans accès à la justice ni contacts avec leurs familles”.
Commando
En parallèle, une plainte a été déposée lundi matin devant le parquet fédéral belge à l’encontre des membres - de nationalité belge - du commando suspecté d’avoir participé à l’enlèvement du pasteur Daniel Ngoy Mulunda, a indiqué l’avocat belge Bernard Maingain, qui a également participé à la plainte devant la CPI.
Le pasteur, ancien président de la Commission électorale de la RDC, avait été arrêté en Zambie où il était reconnu comme réfugié politique, puis exfiltré vers Kinshasa en 2024. Hormis un contact furtif avec sa famille à son arrivée dans la capitale congolaise, aucun contact n’a pu être établi avec M. Ngoy Mulunda depuis lors, a précisé Me Maingain.