À L’heure où la reprise a sonné pour l’aviron bayonnais, son manager Gerard Fraser nous livre les clés d’une préparation réussie.

Combien de semaines de repos avez-vous accordées à vos joueurs ?

Nous leur avons donné quatre semaines. C’est un peu plus que l’année dernière car nous avions fini plus tard donc notre intersaison avait été plus courte. Quatre semaines, je trouve que c’est très bien, surtout pour la tête. Avant leur départ, deux jours après le dernier match, nous avons insisté auprès d’eux pour qu’ils récupèrent vraiment durant les deux premières semaines. Les préparateurs physiques leur ont donné des lignes directrices pour les deux semaines suivantes afin qu’à leur retour ils aient déjà un peu bougé. Cette reprise progressive est essentielle.

Leur avez-vous fixé des objectifs de poids ?

Pas des objectifs de poids à proprement parler, mais des objectifs physiques. Nous avons bien communiqué avec eux sur les choses à prioriser. On sait que les joueurs costauds ont cette facilité à prendre du poids. On sait donc qu’ils n’arriveront pas à leur poids optimal, mais il ne faut pas exagérer. Il faut trouver l’équilibre avec la vie de famille, les vacances, mais il faut aussi rappeler que nous sommes des athlètes professionnels. Le Top 14 est très exigeant et le niveau est très élevé. Nous ne voulons pas que des joueurs arrivent sans préparation, parce que la présaison démarre rapidement et cela peut entraîner des blessures. L’objectif n’est pas qu’ils reviennent déjà en pleine forme, mais qu’ils ne repartent pas de trop loin.

Vous restez sur une saison décevante. Quel impact cela a-t-il sur la préparation de la suivante ?

La première chose est de bien comprendre pourquoi nous avons échoué et dans quels domaines nous devons progresser, aussi bien dans notre jeu que dans notre environnement. Cela nous apporte aussi beaucoup de motivation au sein du staff pour arriver avec une direction claire dès la présaison et au début du championnat.

Le risque n’est-il pas de vouloir repartir trop fort justement, et de risquer des blessures ?

C’est justement pour cela que nous demandons aux joueurs de reprendre progressivement pendant leurs vacances. La semaine de reprise, nous n’allons pas démarrer trop fort. Si nous allons trop vite, nous aurons des problèmes. Il faut trouver le bon équilibre entre la reprise et la préparation.

Les matchs amicaux sont moins nombreux qu’autrefois. Est-ce un choix logique ?

Je pense que les championnats sont plus longs, que les préparations sont plus lourdes et que les contraintes liées aux matchs internationaux sont plus importantes. Nous avons deux matchs amicaux, contre Biarritz puis contre Toulouse. C’est bien parce que cela permet d’abord de retrouver le rugby, puis de créer des connexions dans notre jeu. La vérité de notre niveau, nous la verrons rapidement lors de ces rencontres.

Les moments de cohésion sont-ils toujours importants dans la présaison ?

À mes yeux, oui. Je trouve que ce serait une erreur de foncer tête baissée dans le rugby et de négliger cet aspect collectif. C’est une des clés de la réussite de la présaison : il faut trouver l’équilibre entre cocher les cases du rugby, tout en construisant une équipe avec du lien, des leaders et des mecs qui veulent jouer les uns pour les autres. C’est très important dans notre sport.

Quelles sont les autres clés d’une intersaison réussie ?

La première chose est l’alignement du staff autour du projet de jeu, de notre identité et de notre philosophie. Cette saison, nous avons eu l’arrivée de nouveaux membres. Il est indispensable que nous parlions tous le même langage et que nous portions le même modèle de jeu. Ensuite, il faut que les joueurs se connectent. Entre eux d’abord en dehors du rugby, puis ensuite dans le rugby. Il faut aussi être vigilant et être alignés sur les nouvelles règles. Enfin, notre rôle en tant que staff est de donner une direction claire aux joueurs : où nous voulons aller, dans quels domaines nous devons progresser et quels sont nos objectifs. Les joueurs doivent être associés à cette réflexion. Ils doivent penser par eux-mêmes, bosser dur, très dur même, et nous devons leur expliquer pourquoi ils doivent bosser aussi dur.