La vie "tourmentée mais optimiste" de Godelieve, la guerrière de Perwez
Un vrai récit de vie. Du haut de ses 81 ans, marquée par la Seconde Guerre mondiale, la pauvreté et la volonté de "sortir de son calvaire", Godelieve Van Den Hautte publie Une vie tourmentée mais optimiste !, une autobiographie presque thérapeutique. Un exemple de résilience.
"Oui, ça m'a fait du bien d'écrire. En plus, les bénéfices seront reversés au Télévie. J'ai retenu les points les plus forts de ma vie. J'ai même précisé dans le livre qu'il y avait encore énormément de choses à raconter, explique l'ancienne fleuriste de la Grand-Place. J'écrivais tous les soirs, au calme, sans personne dans mes pieds. Si je me suis lancée, c'est grâce à mon cousin de Bruxelles. Je lui racontais certaines anecdotes et il m'a encouragée à les retranscrire. Un beau jour, je me suis dit qu'il avait raison…"
Une enfance marquée par la guerre et la pauvreté
La Flandrienne d'origine est née en novembre 1944, d'une famille très modeste. "Les gens ne veulent pas me croire lorsque je leur raconte ce qui m'est arrivé, dès ma naissance. Un jour, les Allemands se sont rendus dans la ferme de mes parents pour y réclamer du grain. C'était courant à l'époque. Mon père a accepté, mais à la place de leur apporter des céréales, il a déposé le landau dans lequel je me trouvais. Il leur a dit de me prendre moi plutôt que le grain. Du coup, les Allemands ont préféré partir, sans rien emporter. C'était une manière de leur expliquer qu'ils étaient sur le point de prendre la tartine que je devais manger. Il m'a raconté cette anecdote beaucoup plus tard, j'étais choquée en l'apprenant. Je venais à peine de naître. Cela ne me serait jamais venu à l'idée de faire ça…"
L'enfance de Godelieve Van Den Hautte n'est pas plus réjouissante. "J'ai grandi en Flandre, nous étions cinq enfants. La petite ferme, avec les deux vaches, le bœuf, les poules et les cochons, ainsi que la terre à cultiver, ne suffisaient pas. Il fallait une exploitation plus grande, mais c'était impossible en Flandre. Il y avait des usines de textile partout. Mon père refusait de nous y envoyer travailler. Il a donc repris une ferme plus grande en Wallonie, à Velaine-sur-Sambre. C'était en fait une ancienne brasserie, avec deux pièces: une chambre où nous dormions à sept et une cuisine. Le vieux fermier, lui, dormait encore dans l'étable. En hiver, lorsqu'un veau venait au monde, on entreposait des ballots de paille dans la cuisine et le petit restait au chaud. Vous rendez-vous compte comment j'ai démarré ma vie ?"
Une rencontre pour "fuir le calvaire"
La "guerrière" se rendait chez la fleuriste d'en face, où elle repiquait des géraniums. "Un jour, la dame m'a demandé si j'étais déjà mariée. Je lui ai répondu: "Tant que je ne rencontre pas un horticulteur, je ne me marierai pas." Un jeudi, elle m'en a présenté un, assez jeune, qui venait de Perwez. Je l'ai aidé à décharger sa camionnette. Je lui ai ensuite proposé d'aller ensemble au bal de la fête foraine du village, le week-end suivant."
Trois mois plus tard, après avoir passé du temps ensemble et fait plus ample connaissance, ils se sont mariés. "C'est la fleuriste qui m'avait conseillé de me marier pour fuir mon calvaire."
Une vie tourmentée, mais résolument optimiste
De sacrées épreuves difficiles à imaginer, tant l'écrivaine en herbe dégage de la sérénité. Il faut dire que malgré les obstacles, la Brabançonne voit toujours le bon côté des choses.
Ce qu'on retrouve dans Une vie tourmentée mais optimiste!, disponible auprès du comité Télévie de Perwez et sur la plateforme Amazon. Une petite prouesse pour cette passionnée des plantes et potagers, qui semble respirer la joie de vivre au quotidien."J'ai écrit ce qui me passait par la tête, de manière assez naturelle.Je n'ai pas fait d'études, moi. On m'a retirée de l'école à 12 ans et demi, je me souviens d'ailleurs avoir énormément pleuré à l'époque."
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