Corse: Jean-Pierre Giacomoni abattu après deux tentatives de meurtre
Publié28. août 2026, 19:24
CorseLaissé pour mort deux fois, il meurt lors d'une troisième attaque
Jean-Pierre Giacomoni, né en octobre 1961, a été tué par balle devant son domicile de Foce, à proximité de Sartène, en Corse.


Un sexagénaire, déjà blessé par balles en 2010 et 2017, et condamné en 2019 pour association de malfaiteurs, a été tué par balle, dans la nuit de jeudi à vendredi, à Foce, près de Sartène (Corse-du-Sud), a-t-on appris auprès du parquet et de sources proches. Jean-Pierre Giacomoni, né en octobre 1961, et qui a été gérant de camping et de station-service, a été tué par balle devant son domicile de Foce, à proximité de Sartène, vers 00h30, a indiqué à l’AFP une source proche de l’enquête. Confirmant ces éléments, le parquet d’Ajaccio a précisé qu’une enquête pour assassinat avait été confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Corse mais que la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille devrait se saisir de l’enquête dans la journée.
En fin d’après-midi, le procureur de Marseille Nicolas Bessone a confirmé à l’AFP que la JIRS Marseille se saisissait de cette enquête désormais ouverte pour meurtre en bande organisée et association de malfaiteurs et confiée en cosaisine à la section de recherche de la gendarmerie de Corse et à la brigade nationale de lutte contre la criminalité organisée corse (BNLCOC). M. Giacomoni avait déjà été grièvement blessé par balles le 14 mai 2010, alors qu’il circulait en voiture à Sartène, puis il avait été laissé pour mort par ses agresseurs en février 2017, également à Sartène, après avoir été touché par quatre balles, alors qu’il rentrait chez lui.
Bandes criminelles et BTP
En novembre 2019, après avoir été relaxé en première instance, il avait été condamné par la cour d’appel de Bastia à huit ans de prison pour association de malfaiteurs dans le cadre de «l’affaire de la place Porta», une tentative d’assassinat sur Pierre Balenci, un entrepreneur du BTP, qui avait riposté, tuant l’un de ses agresseurs, également entrepreneur du BTP. La pratique du racket dans le milieu du BTP avait plané sur les audiences alors que cette tentative d’assassinat était intervenue après une série de règlements de compte dans la région. «Il était proche de l’équipe Mocchi et à l’époque il y avait un gros antagonisme avec une équipe connectée à ce qu’on appelle aujourd’hui l’équipe des Africains», a précisé à l’AFP une source proche du dossier.
Selon une note confidentielle de la police judiciaire, consultée par l’AFP, la bande criminelle dite des Africains est associée à Michel Tomi qui a construit un empire dans le milieu des casinos en Afrique et aujourd’hui dirigée par Jean-Luc Codaccioni junior, qui mène une «vendetta» contre ceux qu’il associe à l’assassinat de son père en décembre 2017 à l’aéroport de Bastia-Poretta. Une dizaine d’actes criminels et au moins cinq assassinats étaient imputés à cette bande dans ce document policier datant de 2025.
La bande criminelle dite Mocchi est présentée, selon cette note, comme «composée autour des ''héritiers'' de Jean-Jé Colonna», considéré par les autorités comme un parrain en Corse-du-Sud, et «est historiquement proche de la bande criminelle du Petit Bar». Elle rassemble d’importants propriétaires fonciers à la tête de plusieurs commerces et entreprises dans la région de Sartène.
(les/nc)

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