Au début de l’été, c’est l’ascenseur du bâtiment A de la résidence La Maurelle qui a été à l’arrêt durant près d’un mois. Dans la foulée, c’est celui de la tour B qui est tombé en panne. « Ça a commencé le jeudi 20 août ; c’est la panne la plus longue qu’on a jamais connue dans ce bâtiment », assurent les locataires dont le calvaire a pris fin hier après-midi. Mais dont les conséquences pour certains résidents risquent de se faire sentir encore quelque temps.

« Ma maman, Joséphine, âgée de 89 ans, habite au 8e étage de cet immeuble, raconte Gisèle. Jusqu’à la semaine dernière, elle descendait chaque jour faire sa petite promenade autour de la résidence, ou bien on l’emmenait marcher aux Sablettes. C’était son exercice, son autonomie, son lien avec l’extérieur. Durant huit jours, tout s’est arrêté car elle dispose d’un stimulateur cardiaque et ne peut monter ou descendre les 8 étages à pied ». Résultat : « Elle ne se déplaçait plus qu’entre le lit et le canapé ; avec les incidences qu’on imagine sur la fonte musculaire ».

De plus, poursuit Gisèle, à cause de la panne, « maman a raté deux rendez-vous chez le dentiste, un chez le cardiologue et trois séances de thérapie ». Même situation au 9e étage : Michel, le compagnon d’une locataire âgée de 88 ans indique que sa compagne a aussi dû reporter ses rendez-vous médicaux. Motif : « Elle pourrait peut-être descendre à pied, mais sûrement pas remonter ». Dans l’appartement voisin de Joséphine, un homme âgé victime de trois AVC par le passé, avait lui aussi renoncé à sortir, « de peur de ne pas pouvoir remonter ».

Dans les étages inférieurs, des familles rapportent qu’elles ont été obligées de porter leurs enfants en bas âge dans les escaliers, faute de pouvoir mettre les poussettes dans l’ascenseur. Et pour tout le monde, faire les courses, sortir les poubelles, emmener un enfant à l’école, aller à un rendez-vous ou simplement sortir prendre l’air était devenu, a fortiori avec la chaleur, un véritable challenge. Voire impossible pour les personnes âgées ou handicapées. Sans compter que « la femme de ménage ne montait plus pour nettoyer les parties communes et que certains locataires ne descendaient même plus leurs poubelles… »

« Un sentiment d’abandon »

Ce vendredi à 14 h 30, l’ascenseur a donc été remis en service. Pour le plus grand soulagement des locataires. Qui continuent malgré tout de pester contre « l’absence totale d’informations » durant 8 jours.

Interrogé sur cette situation, Julien Amoruso, directeur de la gestion urbaine de proximité du parc de l’office HLM, explique qu’« en raison de la chaleur, beaucoup de pannes sont signalées car, quand il fait trop chaud, l’électronique se met en sécurité, ou bien des pièces peuvent griller. Là, il s’agissait d’un souci sur la carte de frein, une pièce électronique qui permet la variation du freinage quand l’appareil s’arrête aux différents étages. Cette pièce, qui a été installée il y a 10 ans, a normalement une durée de vie de 15 à 20 ans. Mais elle aurait grillé à cause de la chaleur excessive ».

Excédé par la panne d’ascenseur, Michel, le compagnon d’une dame de 88 ans qui habite au 9e étage, a entrepris vendredi matin de faire signer une pétition auprès des habitants de la tour B.
Excédé par la panne d’ascenseur, Michel, le compagnon d’une dame de 88 ans qui habite au 9e étage, a entrepris vendredi matin de faire signer une pétition auprès des habitants de la tour B.
M. G. / Var-matin

Interrogé sur le manque d’informations que déplorent les locataires, le responsable tient à leur présenter ses « excuses ». Il concède « un manquement dans la procédure » qui doit permettre à l’office d’informer les résidents sur l’évolution de la situation. « L’ascensoriste n’a pas communiqué comme il aurait dû : il a tardé à déclarer la panne sur le logiciel, ce qui ne nous a pas permis de mesurer les difficultés que rencontraient les locataires. Quand nous avons l’information, nous pouvons la transmettre sous forme d’affichage, et nous mettons en place, sous 48 heures, un système de portage avec des agents qui aident les gens à monter leurs courses ».

De leur côté, les locataires disent ne pas comprendre pourquoi, malgré leurs « appels quotidiens » auprès de l’office HLM, l’information n’est pas remontée à la direction de l’office. D’où le « sentiment d’abandon » et la forte rancœur qui ont régné sur place ces derniers jours, et qui pourrait perdurer encore quelque temps…