Le collectif citoyen "THT, ni au Roeulx, ni ailleurs" poursuit sa mobilisation contre la Boucle du Hainaut. Après avoir déjà multiplié les actions autour du projet de ligne à très haute tension, il entend cette fois placer un autre enjeu au centre du débat : celui de la santé publique. Le collectif interpellera ainsi le conseil communal du Roeulx ce lundi 12 octobre.

Le timing n'est pas anodin. Le gouvernement wallon doit toujours se prononcer sur le tracé qui sera retenu pour inscrire la Boucle du Hainaut dans le plan de secteur. Une décision déjà reportée et qui se fait toujours attendre.

Dans l'intervalle, le collectif estime que les questions sanitaires restent insuffisamment prises en compte. Le Rapport sur les Incidences Environnementales (RIE) a certes apporté de nouveaux éléments au dossier, mais les citoyens considèrent qu'il ne permet pas de lever toutes les incertitudes.

Le collectif entend notamment questionner les effets d'une exposition chronique aux champs électromagnétiques générés par une ligne de 380 kV. Son interpellation revient sur les études ayant mis en évidence une association statistique entre une exposition supérieure à environ 0,4 microtesla et une augmentation du risque de leucémie infantile, tout en rappelant que le lien de causalité n'est pas établi. Le Centre international de recherche sur le cancer a, lui, classé les champs magnétiques de très basse fréquence comme "peut-être cancérogènes pour l'homme".

C'est précisément cette zone d'incertitude qui pousse les opposants à invoquer le principe de précaution. Ils soulignent notamment qu'Elia s'engage à ne pas dépasser 20 microteslas, une valeur que le collectif compare au seuil de 0,4 microtesla évoqué dans la littérature épidémiologique. Le débat que le collectif souhaite ouvrir lundi porte donc moins sur une affirmation définitive de danger que sur la manière dont les incertitudes sanitaires doivent être prises en considération avant de choisir un tracé.

Un point particulier inquiète les habitants du Roeulx : l'un des tracés envisagés passerait à environ 200 mètres d'une école fréquentée par de nombreux enfants, ainsi qu'à proximité de lieux d'accueil conventionnés par l'ONE. Les citoyens rappellent également toujours attendre des nouvelles du ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, sur l'impact sanitaire de la Boucle du Hainaut.

Lundi, au Roeulx, le collectif ne demandera pas aux élus de trancher eux-mêmes un débat scientifique complexe. Mais plutôt de prendre position sur leur responsabilité en matière de protection de la population face à des incertitudes qu'il juge encore présentes. "Le principe de précaution doit prévaloir", plaide le collectif qui appelle ses soutiens à assister au conseil communal.

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