Publié31. juillet 2026, 18:59

Cyclisme«Le grand public ne zappe plus le Tour de France Femmes»

À la veille du départ à Lausanne, la patronne de la Grande Boucle féminine savoure son essor, au point qu'on lui demande «pourquoi il n'y a pas davantage d'étapes».

Eva Lombardo

Marion Rousse, directrice du Tour de France Femmes, se réjouit de l'essor de l'épreuve, portée par des championnes toujours plus fortes et un public fidèle.

Marion Rousse, directrice du Tour de France Femmes, se réjouit de l'essor de l'épreuve, portée par des championnes toujours plus fortes et un public fidèle.Getty Images

Le Tour de France Femmes (TDFF) s'élancera ce samedi 1er août de Lausanne, où le départ de la première étape sera donné à Ouchy. Pendant trois jours, la Suisse romande deviendra le théâtre de la Grande Boucle, de la capitale olympique à Genève, en passant par Aigle (VD), siège de l'Union cycliste internationale. À la veille du Grand Départ, la patronne Marion Rousse mesure le chemin parcouru par une épreuve désormais diffusée dans 190 pays, dont l'engouement ne cesse de grandir.

Marion Rousse, on sait que de nombreuses villes souhaitent accueillir un départ ou une arrivée du Tour. Pourquoi avoir choisi Lausanne? Qu'est-ce qui a inspiré le tracé de ces deux premières étapes à travers la Romandie?

Cela s'est fait très naturellement! Les villes de Lausanne, Aigle et Genève sont venues, ensemble, avec l'envie d'accueillir les premières étapes. Symboliquement, c'était tout trouvé. Lausanne, en tant que capitale olympique. Puis Aigle (VD), avec le siège de l'Union cycliste internationale qui a beaucoup œuvré pour la professionnalisation du cyclisme féminin. Et finalement, Genève, capitale de la diplomatie. Cerise sur le gâteau: les routes en Suisse romande sont magnifiques et promettent des images spectaculaires.

Le Tour de France masculin était passé par Lausanne en 2022. L'engouement de l'époque a-t-il pesé dans la décision d'y organiser le Grand Départ du TDFF?

Bien sûr. Dès 2022, lorsque Wout van Aert s'était imposé au sommet de la Côte de Saint-François, là où arrivera notre première étape, la Suisse nous avait déjà fait part de son envie d'accueillir le Grand Départ du Tour de France Femmes. C'était avant même la première édition de l'épreuve. Cela a compté dans notre choix.

ASO

L'an dernier, le TDFF a enregistré des audiences record. Avez-vous le sentiment que le cyclisme féminin est en train de franchir un cap?

Absolument, et je trouve que l'évolution est très parlante. Il y a quatre ans, on se demandait encore si les femmes avaient le niveau pour disputer un Tour de France. Aujourd'hui, la question que l'on me pose le plus souvent, c'est: «Pourquoi n'y a-t-il pas davantage d'étapes?» Cela montre tout le chemin parcouru. Les coureuses sont de plus en plus professionnelles, le niveau s'est homogénéisé et le spectacle est au rendez-vous. Le public ne zappe plus, il reste pour regarder les femmes, et ça change tout.

Si vous aviez 30 secondes pour convaincre quelqu'un qui n'a jamais regardé une seule minute de cyclisme de suivre cette édition, que lui diriez-vous?

Je lui dirais qu'il va assister à l'une des plus belles compétitions sportives au monde. Il y aura du suspense, des championnes qui n'ont jamais été aussi fortes et des paysages magnifiques. Moi qui commente du cyclisme masculin comme féminin toute l'année, je prends aujourd'hui autant de plaisir à suivre les femmes, parfois même davantage tant les courses sont ouvertes et imprévisibles.

S'il y a une étape à ne pas rater, laquelle promet le plus de suspense?

Le Mont Ventoux (7e étape) restera l'ascension la plus emblématique, mais je mettrais une pièce sur la dernière étape à Nice. Après le contre-la-montre (4e étape), où une coureuse comme la Suissesse Marlen Reusser peut reprendre un temps précieux, et ce final très exigeant, rien ne sera joué avant les derniers kilomètres.

Eva Lombardo

Eva Lombardo (elo) est journaliste au sein de 20 Minutes depuis 2026.

Ton opinion