L'oeil de Mats Wilander après le doublé de Jannik Sinner à Wimbledon : « Le message envoyé aux autres est : "Vous allez devoir venir me chercher" »
« Je pensais que Sascha Zverev aurait encore plus de chances de s'imposer. Il a formidablement bien joué au premier set et une bonne partie du deuxième, mais Jannik a démontré qu'il était encore, comme Carlos Alcaraz, un niveau au-dessus, dans tout ce qui touche aux gros points, ceux qui font tourner les matches. Tous les deux ont cette faculté de transformer un combat qui semble très serré, qui semble même à deux doigts de basculer de votre côté, en quelque chose d'apparemment moins compliqué qu'il n'y paraissait.
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J'imaginais qu'après son titre à Roland-Garros, Zverev jouerait avec plus de liberté, et c'est précisément ce qu'on a vu au cours de ce Wimbledon, mais il y a encore un écart, pas sur le plan physique mais sur le plan mental. Je ne sais pas s'il s'est dit qu'il pouvait réellement battre Sinner. Cela dit, je dirais que l'écart va se resserrer un peu plus, dans la foulée de cette finale, et Sascha devrait continuer à se rapprocher pendant au moins les douze prochains mois, d'autant qu'il vient de faire ça sur gazon alors qu'il est bien meilleur sur dur. Pour un joueur de son niveau, Alcaraz et Sinner ne peuvent pas rester intouchables.
« En finale, il n'a, à aucun moment, été rattrapé par ses nerfs, alors qu'une année vierge de Grand Chelem aurait constitué un grand échec »
Mats Wilander au sujet de Jannik Sinner
Mais ce que raconte aussi cette finale, et plus globalement cette fin de tournoi, c'est que Jannik continue de s'améliorer, et ça, c'est assez incroyable pour un n° 1 mondial, et ça a de quoi inquiéter tout le monde. En demi-finales, il a réussi à faire de son duel avec Novak Djokovic un non-événement (6-4, 6-4, 6-4), alors qu'il avait absolument tout à perdre dans ce match. Et puis, en finale, il n'a, à aucun moment, été rattrapé par ses nerfs, alors qu'une année vierge de Grand Chelem aurait constitué un grand échec.
J'ai été très marqué par le fait qu'il a tenté une amortie, et je crois bien que c'était sa première du match, sur balle de set dans la première manche. Ça ressemblait à une grande preuve de confiance, du genre : "Même si je perds le premier, pas bien grave". Le message envoyé à tous les autres est : "Vous allez devoir progresser pour espérer venir me chercher", et ça s'adresse aussi à Alcaraz. Après ce qu'on vient de voir, on peut jeter aux oubliettes ce qui est arrivé à Jannik au dernier Roland-Garros. »