Malgré son interdiction il y a un mois, le démarchage téléphonique est en hausse en France. Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ce mercredi, 16.000 signalements abusifs ont été recensés, soit près de deux fois plus.

Un mois après l'interdiction du démarchage téléphonique en France, 16.000 signalements de démarchage abusif ont été recensés sur la plateforme Signal Conso, soit près de deux fois plus qu'auparavant, rapporte franceinfo ce vendredi après avoir consulté un rapport de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Depuis le 11 août dernier, les entreprises n'ont théoriquement plus le droit de démarcher les particuliers par téléphone, sauf s'ils ont donné leur accord ou s'ils font déjà partie de leurs clients. Entre le 1er janvier et le 10 août 2026, la plateforme avait enregistré 64.000 signalements, soit une moyenne d'environ 9.000 par mois. La hausse constatée depuis l'interdiction représente donc près du double de ce rythme mensuel.

Un "constat d'échec" pour 60 Millions de consommateurs

"On n'a pas le sentiment que le démarchage téléphonique se soit arrêté", confirme Lionel Maugain, du magazine 60 Millions de consommateurs, interrogé par franceinfo ce vendredi. Il pointe une "accélération" des démarchages et dresse un "constat d'échec" de l'interdiction, "un mois après l'entrée en vigueur de cette loi". "Ça continue et parfois même ça s'amplifie", ajoute-t-il. De son côté, la DGCCRF estime qu'"il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de ces chiffres sur le nombre d'appels". Selon l'organisme, une hausse des signalements ne signifie pas nécessairement une hausse du nombre de démarchages.

"Le changement de dispositif, qui interdit plus largement le démarchage, et la communication qui a eu lieu autour de cette évolution peut avoir conduit à une hausse des signalements", note la répression des fraudes. Le démarchage téléphonique est interdit depuis le 11 août 2026, dans tous les secteurs, en application de la loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques. Jusqu'alors, les consommateurs devaient s'inscrire sur Bloctel pour se prémunir des appels non sollicités. Désormais, ces appels sont par principe interdits, sauf accord préalable de leur part.

C'est à l'entreprise de prouver, pour chaque appel passé, qu'elle dispose du consentement du consommateur. Sans cette preuve, le démarchage est illicite. L'entreprise encourt une amende administrative pouvant aller jusqu'à 375.000 euros.