Plusieurs semaines maintenant que les scientifiques en recueillent des preuves, de plus en plus concrètes : nous nous dirigeons droit vers un automne hors norme. Le dernier bulletin mensuel de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) le confirme. Le phénomène El Niño continue de s'intensifier régulièrement.

Le saviez-vous ?

Selon les modèles météorologiques, dans les prochaines semaines, les anomalies de température de surface de la mer devraient dépasser 2,9 °C dans les régions clés de surveillance. Pour vous faire une idée de la puissance annoncée du phénomène El Niño de cette année, Météo France indique que « les anomalies des épisodes les plus forts peuvent atteindre… 3°C » !

« El Niño est l'un des phénomènes climatiques les plus étroitement surveillés au monde. Toutefois, les prévisions en elles-mêmes ne permettent pas d'éviter les dangers ; ce sont les actions humaines qui le permettent », souligne Celeste Saulo, la secrétaire générale de l'OMM, dans un communiqué.

À peine installé, El Niño semble déjà avoir des conséquences sur une partie du monde. © KD, chatGPT

El Niño 2026 est-il déjà en train de bouleverser le climat mondial ?

L'intensité du phénomène El Niño 2026 est tout simplement « hallucinante » estime l'un des plus grands climatologues américains. Et même si cette nouvelle phase débute à peine, elle semble déjà être en train de provoquer des phénomènes météo extrêmes dans une partie du monde, avant d'avoir un impact plus généralisé.... Lire la suite

Des chercheurs de l'université de Chicago (États-Unis) l'ont prise au mot. D'autant que les effets de ce puissant El Niño qui s'annonce seront amplifiés par le réchauffement climatique d'origine humaine.

Ils ont trouvé un moyen de « désactiver » le phénomène de réchauffement de l'océan Pacifique dès le début de sa formation !

El Niño continues to intensify during the August-October 2026 season. Above-normal temperatures are likely across the world. Wetter conditions in some regions and drought risk in others are expected, consistent with a classic, strong El Niño event.
????️ https://t.co/056oYaRROn pic.twitter.com/3QTScya34h

— World Meteorological Organization (@WMO) July 31, 2026

Quand les feux de forêt australiens inspirent une idée radicale

Ce qui les a mis sur la voie ? Des travaux qui ont montré que les feux de forêt du fameux Black Summer australien ont joué un rôle clé dans le déclenchement d'un épisode La Niña pluriannuel.

La Niña, c'est la phase froide du phénomène couplé océan/atmosphère que les scientifiques appellent Enso (El Niño Southern Oscillation). Elle aussi a un impact sur le régime des vents, la température de la mer et les précipitations à l'échelle mondiale.

Refroidir la Terre en bloquant le Soleil ? Les scientifiques alertent sur des risques sous-estimés. © Akinbostanci, iStock

Une étude remet en question l'une des idées les plus ambitieuses pour lutter contre le réchauffement climatique

Refroidir la Planète en dispersant des particules réfléchissantes dans la stratosphère : l'idée séduit comme ultime recours face au réchauffement. Une étude vient pourtant doucher les espoirs. Entre poudres qui s'agglomèrent, chaînes d'approvisionnement sous tension et absence de gouvernance, le remède pourrait créer plus de problèmes qu'il n'en résout.... Lire la suite

Durant l'été austral 2019-2020, des incendies massifs avaient dégagé suffisamment de fumées pour que leurs particules, intégrées aux nuages, les rendent plus brillants. De quoi renvoyer une plus grande partie de l'énergie solaire vers l'espace. Alors les chercheurs se sont demandé s'ils pourraient être capables de produire un effet similaire, volontairement, cette fois. En montant ce que les scientifiques appellent une opération de géo-ingénierie.

De la géo-ingénierie à l’échelle du Pacifique

En théorie, éclaircir les nuages, c'est possible. Grâce à des bateaux équipés de buses pulvérisant du sel marin dans les basses couches de l'atmosphère. Mais quel impact un tel éclaircissement au-dessus d'une vaste zone du Pacifique équatorial pourrait-il réellement avoir ?

L’ingénierie climatique, et sa variante aux effets rapides à grande échelle dite géoingénierie, est l’ensemble des techniques imaginées par les chercheurs pour traiter de la question du réchauffement climatique en aval de nos émissions de gaz à effet de serre. © m.mphoto, Adobe Stock

La géoingénierie climatique : bonne ou mauvaise idée ? Décryptage d’experts

La géoingénierie climatique, c’est un sujet tabou. Mais, dans un contexte de possible emballement climatique induit par les émissions de gaz à effet de serre anthropiques, certains scientifiques et acteurs politiques n’excluent pas, a priori, le recours à ce « plan B ». David Keith, physicien à l’université de Harvard (États-Unis), et Régis Briday, historien à l’université Paris-Est Créteil, ont accepté de démêler pour Futura les fils de l’histoire de la géoingénierie, éclairant ainsi les craintes qu’elle éveille, mais aussi les espoirs qu’elle suscite.... Lire la suite

Les modèles suggèrent que l'intervention ne s'avèrerait réellement efficace que si elle est réalisée tôt et si elle se poursuit sur plusieurs mois. Du mois de juin au mois de février de l'année suivante.

Avec quels résultats concrets ? Des zones qui s'étaient réchauffées sous l'influence d'El Niño refroidies et des régions plus humides - comme l'Afrique de l'Est - devenues plus sèches, et inversement - comme l'Australie. Sachant que les phénomènes météorologiques extrêmes associés à El Niño causent, à chaque fois qu'ils apparaissent, des pertes en vies humaines et des milliers de milliards de dollars de dégâts économiques, on se demande pourquoi hésiter.

Désactiver El Niño : une fausse bonne idée ?

Là aussi, les chercheurs ont une réponse.

D'abord parce que, rappelez-vous, nous disions « en théorie ». La technologie, en effet, n'est pas encore tout à fait au point. Les dispositifs développés par les ingénieurs ne permettent pas de pulvériser des quantités suffisantes de sel marin dans l'atmosphère.

Ensuite, parce que même si c'était le cas, il ne faudrait pas moins de 2 400 navires pour obtenir l'effet escompté.

« Un autre point important est que nous n'avons pas étudié les impacts à long terme », reconnaît Jessica S. Wan, auteure principale de l'étude. Car nous pourrions être tentés de lancer l'opération d'éclaircissement des nuages à chaque nouvel épisode El Niño.

Une startup compte déployer un dispositif massif de géo-ingenierie du climat à partir du printemps prochain. © XD avec ChatGPT

Des milliardaires s’apprêtent à lancer un plan de géo-ingénierie, sans demander notre avis, et qu’il serait dangereux d’arrêter

Refroidir la Terre en déviant les rayons solaires pour mettre fin au réchauffement climatique ? L’idée paraît folle, et pourtant, ce projet gigantesque et très controversé risque de voir le jour au printemps 2026.... Lire la suite

Enfin, « désactiver » le phénomène El Niño aurait des conséquences non désirées et notamment... un réchauffement de l'Europe et de l'Asie !

La géo-ingénierie est largement critiquée par la communauté scientifique. Ses détracteurs craignent notamment qu'elle détourne du vrai problème et offre carte blanche aux pollueurs et que face à des phénomènes climatiques de plus en plus intenses, la tentation grandisse de corriger le système plutôt que de s'attaquer aux causes. Jessica S. Wan est plus optimiste : « Pour moi, la géo-ingénierie doit aider à atténuer les pires conséquences pendant que nous continuons à travailler à une solution [ndlr : au réchauffement climatique] à long terme. Je pense qu'il serait irresponsable de ne pas mener ces recherches, compte tenu du contexte actuel. »

Reste la question centrale : jusqu'où peut-on manipuler le climat sans faire surgir de nouveaux déséquilibres ?