T&E a analysé les projets d'expansion (nouvelles pistes, infrastructures voire nouvel aéroport dans le cas de Lisbonne) de 20 des principaux aéroports, situés dans 10 pays européens, et les a comparés avec le budget carbone, soit la quantité d'émissions de CO2 disponible d'ici 2050, pour contenir le réchauffement climatique à +1,7°C. Les résultats "sont clairs", selon l'ONG, spécialisée dans le transport durable: tous les aéroports analysés vont dépasser leur budget carbone et les avancées technologiques, comme des avions plus économes ou les carburants durables (SAF), ne permettront pas de compenser le dérapage.

"Les compagnies aériennes et les aéroports disent aux gouvernements qu'ils peuvent se développer et transporter plus de passagers, tout en atteignant les objectifs climatiques européens et ce, en promettant que du carburant plus propre et des avions plus efficients permettront de réduire suffisamment les émissions", constate encore T&E, pour qui cette vision ne tient pas la route.

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L'ONG s'est également penché sur les deux principaux aéroports belges. Pour Zaventem, l'ONG estime que ses projets de capacité supplémentaire entraîneront l'émission de trois millions de tonnes de CO2 en plus au cours des deux prochaines décennies, soit environ ce que l'aéroport émet actuellement en un an (3,2 millions de tonnes de CO2 en 2025).

Pour l'aéroport de Charleroi (BSCA), qui ambitionne de faire passer sa fréquentation à 16 millions de passagers en 2045, le nouveau permis d'environnement ferait augmenter les émissions de CO2 de trois millions de tonnes en 25 ans, selon T&E. "À titre de comparaison, c'est environ deux fois ce qu'un autre État membre de l'UE comme Malte émet au cours d'une année".

T&E s'attend à ce que les deux aéroports belges épuisent dès 2035 leur budget carbone. En revanche, pour rester dans les clous, Zaventem et Charleroi devraient réduire leurs émissions de CO2 de 10% par an.

"Les projets d'extension de Brussels Airport sont incompatibles avec un climat vivable", a réagi l'ONG flamande Bond Beter Leefmilieu (BBL), jugeant que la capacité de l'aéroport doit s'adapter à ce que peuvent supporter les gens et l'environnement et non l'inverse.

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BBL estime en outre que les pouvoirs publics, qui sont actionnaires majoritaires de Brussels Airport (la Flandre à hauteur de 39%, le fédéral à hauteur de 25%) ont la responsabilité et les moyens "d'agir en bon père de famille et donc d'opter pour un climat vivable et des citoyens en bonne santé".

Mais les aéroports belges ne sont pas les seuls à s'inscrire dans une trajectoire incompatible avec les objectifs climatiques, selon l'étude de T&E. Lisbonne, Porto et Dublin, par exemple, sont les trois aéroports où le dérapage s'annonce le plus fort, avec un dépassement de près de trois fois leur budget carbone.

L'ONG pointe encore du doigt le projet de construire d'ici 2035 une troisième piste à l'aéroport de Heathrow, dans la banlieue de Londres, de bâtir un nouvel aéroport à Lisbonne ou encore le programme d'expansion aéroportuaire en Espagne, qui prévoit des travaux dans pas moins de 12 aéroports.

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