« Quelle excellente initiative ! » La missive est signée Éric Ciotti. Au travers de ce courrier, le maire de Nice depuis mars s’adresserait à Juliette Chesnel-Le Roux, son opposante de la gauche écologiste… pour la remercier chaleureusement du recours intenté contre son élection.

« Car pendant que les magistrats examinent consciencieusement les signatures, les procès-verbaux et les bulletins de vote, une autre conséquence, plus discrète, produit ses effets… Et me voilà autorisé à conserver mes deux mandats [député et maire]. Donc accessoirement… mes deux indemnités », souligne l’auteur, qui n’est en réalité pas Éric Ciotti !

Sur ses propres comptes officiels, l’élu dénonce une « usurpation ».

« Un compte Facebook circule actuellement en utilisant mon nom et mon image, écrit-il. Je tiens à préciser qu’il ne m’appartient pas et ne me représente en aucun cas. Les contenus qui y sont publiés n’engagent que leurs auteurs », ajoute-t-il.

Même si ces « contenus » sont, en réalité, tout à la gloire du fondateur de l’Union des Droites pour la République et de ses alliés du Rassemblement national, dont ils font la promotion à longueur de posts depuis plusieurs mois.

Eric Ciotti, ici lors de la cérémonie des 100 jours à la tête de la ville de Nice.

Le véritable auteur « effaré par ces réactions »

Le groupe intitulé « Éric Ciotti nouveau maire de Nice 2026 » semble avoir été créé avant même le scrutin de mars 2026.

Une jeune Niçoise et un écrivain qui se présente aussi comme « photographe, conférencier, réalisateur et compositeur » en sont les administrateurs.

La page compte d’ailleurs près de 30 000 membres. Certes dix fois moins que le compte officiel d’Éric Ciotti sur Facebook. Mais cet avatar ne semblait jusque-là pas déranger l’édile.

Du moins, jusqu’à ce que l’un des membres du groupe de soutien produise cette fausse « lettre ouverte à Juliette Chesnel - Le Roux ».

« Il s’agit d’un document fabriqué qui ne provient pas de moi et auquel il ne faut accorder aucun crédit », recadre le maire de Nice. Son véritable auteur, un certain Bertrand, ce dit « effaré par les réactions » qu’a suscité sa « lettre fictive et ironique ».

De là à penser qu’il aurait fait mouche…