Les Déferlantes : Theodora et Aya Nakamura imposent leur puissance féministe sur la scène de ce festival près de Perpignan
Point d’orgue de cette seconde soirée du festival Les Déferlantes ce dimanche 12 juillet 2026, organisé au pied du Lydia au Barcarès, Theodora et Aya Nakamura se sont imposées sur la scène.
Les femmes étaient puissantes ce dimanche au Barcarès. Les boss ladies Theodora et Aya Nakamura se succédaient sur la scène du Barcarès, pour cette seconde soirée du festival qui affichait complet depuis plusieurs semaines.
Peu avant 21 heures, devant une foule déjà ultra compacte, la petite sœur de la scène urbaine s’est emparée des planches avec toute la confiance d’une grande.
La pépite urbaine débarquait à 243 km/h, du nom du titre avec lequel elle s’est présentée à la foule du Barcarès. Jupe courte à froufrous et body jaune signé de la mention "Hot Girl Club", la tout juste vingtenaire a mis un point d’honneur à arborer des tenues incarnant la liberté de s’habiller comme bon lui semble, aussi court et sexy le décide-t-elle.
Rappeuse féministe, Theodora était bien décidée à imposer son style aux Déferlantes. L’artiste a pris le parti de faire monter l’ambiance crescendo. Si elle a commencé sa prestation par deux titres qui n’étaient pas forcément les plus connus, elle a enchaîné avec son duo avec Disiz qui inonde les radios depuis plusieurs mois, Mélodrama. Parfait pour faire hurler une foule très jeune, souvent féminine et pour qui la quête d’acceptation de soi résonne comme un refrain.
Aya Nakamura, la tête haute
À 21 h 45, c’est la papesse de toute une génération qui montait sur la scène des Déferlantes. Réglé comme une horloge russe, le show a débuté par la retransmission en direct de la chorégraphie de ses danseurs accompagnés d’un orchestre. Une cour, rangée comme une armée le long d’un escalier installé sur la scène pour accueillir la "reine de France" du public : Aya Nakamura.
La chanteuse a pénétré la scène entourée d’une gigantesque couronne projetée sur le grand écran. La souveraine s’est présentée à ses sujets. Sans aucune fausse modestie. Avec toute la puissance qu’elle est capable de dégager. Dans ce contexte, pouvait-elle commencer son show par un autre titre que Charismatique ? Bien sûr que non. Elle a le sens de la formule.
Que ce soit sur Bobo ou Comportement, la Franco-Malienne a imposé une aura indéniablement puissante, féminine et sexy. On comprend mieux cette fan perpignanaise, Louise, qui en amont de ce concert confiait à L’Indépendant : "Quand je l’écoute, j’ai envie de sortir, de me préparer, de m’habiller court, d’aller danser et m’amuser. D’être libre. Et de me foutre de ce qu’on peut penser de moi".
Aya s’assume et assume. Durant son concert, il semblait finalement tout à fait normal d’entendre : "Est-ce que quelqu’un a déjà écouté mon dernier son La Pétasse ?" Sur grand écran, des titres de Une sont diffusés : "Hautaine et vulgaire", "Aya Nakamura ne représente pas la France", "La Banlieusarde". Aya Nakamura regarde les critiques dans les yeux. Et, ce dimanche soir, elle a forcé son public à s’y confronter. La trentenaire a pris de front les commentaires racistes dont elle a été la cible. Et en fait une chanson. La tête haute. Comme une reine.