"Les forêts brûlent et nos parlementaires ont voté allègrement une énième loi de régression environnementale" : élu et militant écologiste, Paul Vo Van rallume la polémique
l'essentiel Les escarmouches entre élus du Lot-et-Garonne se multiplient sur les réseaux sociaux autour de l'adoption par les parlementaires de la loi d'urgence agricole. Paul Vo Van, militant écologiste, la critique vivement. Alors que le brasier de Gironde n'est pas encore éteint, le conseil départemental de l'Ouest agenais évoque "une semaine d'enfer pour l'écologie" et déclenche une vive polémique.
"Paul, l'agriculture ce n'est pas ton fort. Tu es un gentil mais tu es capable de confondre une fraise et une endive". La déclaration lapidaire est signée Christian Girardi, maire d'Aiguillon et figure historique de la Coordination rurale de Lot-et-Garonne (CR 47). Il commente ainsi une publication acide de Paul Vo Van en date du 25 juillet. Sur sa page Facebook, le militant écologiste et conseiller départemental de l'ouest agenais est revenu sur "la semaine d'enfer pour l'écologie".
"Les forêts brûlent, des soldats du feu combattent au risque de leur vie, la biodiversité agonise et nos parlementaires votent allègrement une énième loi de régression environnementale", écrit Paul Vo Van en faisant référence à la loi d'urgence agricole. Le texte autorise notamment, sur avis de l'Anses et sous strictes conditions, l'usage dérogatoire de molécules controversées comme l'acétamipride ou le flupyradifurone. Le 21 juillet dernier, sa collègue Annie Messina avait déjà provoqué une levée de boucliers après avoir accusé les trois députés du Lot-et-Garonne d'avoir "voté pour le cancer".
"Une loi scélérate"
Paul Vo Van, lui, ne pointe pas seulement du doigt l’utilisation de pesticides interdits. Il estime que cette "loi scélérate désarme la gouvernance locale de l’eau en permettant aux préfets de déroger aux règles du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) local". Comme Annie Messina, il a déclenché un orage de feu sur Internet.
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Julie Castillo, maire de Casteljaloux et élue d'opposition au Département, crie à "la pure récupération politique". Karine Duc renchérit : "La différence entre vous et nous, agris : c’est que nos amis agriculteurs sont réellement à Sainte-Hélène et combattent réellement les feux ! Et vous ?". La présidente de la chambre d'agriculture ajoute : "Nous sommes réellement confrontés aux difficultés réglementaires que vos politiques escrolos ont mises en place. [...] Foutez la paix à tous ceux qui tentent de se sortir de 30 ans de politiques écolo décroissante et mensongère !".
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François Dailledouze, maire de Caudecoste, s'invite également dans la controverse. "Après les feux de 1949, des pare-feu ont été créés en nombre explique-t-il. Pour des questions d'écologie, il a fallu arrêter de les nettoyer à blanc. Résultat impossible d'arrêter les feux. Pour des principes d'écologie, la gestion des cours d’eau des Landes a été bloquée. Ce qui a pour effet de limiter la quantité d’eau et imposer un abaissement du niveau dans les zones sensibles au feu. Tout cela met en danger la nature et la faune. L'écologie oui, mais le bon sens d'abord".
"L’adaptation au changement climatique n’est pas une option"
Et de conclure : "C’est maintenant qu’il faut avoir des actions qui ne paraissent pas écologiques pour qu'au bout cela évite la destruction de la nature et donc que ça la protège". Alors qu'il n'est pas politiquement proche de José Pérez, il rejoint d'une certaine manière le président de la CR 47. Ce dernier répète à l'envi que les parcelles en friche manquent d'entretien, que l'irrigation permettrait de limiter les incendies.
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Alors que le brasier de Gironde n'est pas encore éteint et que les pyrocumulonimbus surplombent encore la forêt, les visions s'entrechoquent violemment. À moins d'un an de l'élection présidentielle, ce feu révèle des tensions politiques exacerbées entre agriculteurs et écologistes. Sont-elles irréconciliables ?
"L’adaptation au changement climatique n’est pas une option : c’est une urgence. Et, résume Amanda Sanz, élue d'Agen en charge de la transformation écologique, cette urgence impose de revoir nos choix publics, nos aménagements, et notre rapport aux sols". Si la remise en question semble aujourd'hui unanime, les modalités de sa mise en œuvre divisent profondément le territoire.