Les Bucks de Bellechasse, l’équipe de hockey senior AAA de Saint-Anselme, pouvaient compter sur l’appui du chef conservateur, samedi soir, pour lancer sa saison à la maison. Chandail des Bucks sur le dos, Éric Duhaime allait même prononcer le fameux discours d’encouragement — ou pep talk — d’avant-match dans le vestiaire.

« Moi, ça fait cinq ans que je suis chef d’un parti puis, pendant cinq ans, on a ramé dans la gravelle, pendant cinq ans, ç’a été tough, a lancé le chef conservateur à son auditoire en patins. On a persévéré, on a travaillé en équipe puis, aujourd’hui, on est aux portes de gagner quelque chose d’important le 5 octobre. »

Au panthéon des discours de motivation prononcés dans un vestiaire de hockey, il y a peut-être une place pour l’envolée d’Éric Duhaime sur la ténacité conservatrice, juste à côté de la leçon de courage de Jacques Mercier dans Lance et compte et de la dureté du mental de Bob Chicoine dans Les Boys.

« Les gars, à soir, jouez-la pour Bellechasse puis on va toute la gagner ensemble. Ça va être une source d’inspiration pour nous autres le 6. Yesss ! Allez-y, les gars, pour la victoire ! »

Résultat final : défaite de 3 à 2 contre Trois-Rivières. Oups !

La caravane conservatrice a digéré la défaite du côté de Saint-Joseph-du-Lac, dimanche, au domaine viticole de Mario Pelchat et de son épouse, Claire Lemaître-Auger. Quoi de mieux qu’une marche dans les vignes pour s’évader, l’instant d’une promenade, des turpitudes d’une longue campagne ?

Éric Duhaime en a profité pour croquer quelques raisins en compagnie de ses hôtes. La courte dégustation a démontré que le chef conservateur a plus de facilité à identifier le gras à couper dans l’État que les cépages de Mario Pelchat.

Premier raisin :

« OK, donc ça, c’est du frontenac ? »

« Non, c’est du sainte-croix », a répondu M. Pelchat.

Deuxième raisin :

« Donc celui-là, il n’y a pas moyen de savoir si c’est du frontenac ou du sainte-croix ? »

« Non, non, c’est du frontenac », a encore précisé le chanteur de Je n’t’aime plus.

Éric Duhaime a peut-être montré qu’il a l’étoffe d’un coach, mais certainement pas le talent d’un sommelier. Peu lui importe : de toute manière, dans une semaine, c’est surtout l’habit de député qu’il rêve de porter.