En pensant à Christophe Gleizes

La Coupe du monde qui s'était ouverte sur un espoir s'est refermée sur la même inquiétude, et la même injustice : Christophe Gleizes, condamné à sept années de prison pour avoir fait son métier de journaliste, est toujours incarcéré en Algérie, en dépit des appels publics à sa libération venus du monde entier, jusqu'au président de la FIFA, Gianni Infantino. La FIFA lui avait accordé une accréditation, et un siège lui aura été réservé à chaque match de l'équipe de France, avec un sticker portant son nom et rappelant l'injustice.

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Revient, alors, le souvenir de la solidarité des journalistes présents à cette Coupe du monde, arborant écharpes en son nom, en conférence de presse et au stade, des mots de soutiens de Didier Deschamps, et celui, émouvant, de la dignité de ses parents, Sylvie et Francis Godard, demandant à l'Algérie une grâce présidentielle et un geste d'humanité, devant le MetLife Stadium. Nous avions dîné avec eux, en rêvant d'un effet Coupe du monde, la veille de France-Sénégal, à New York, avec Chloé Le Goff, de l'organisation Reporters Sans Frontières, qui mène ce combat depuis de longs mois sans une faiblesse, sans un renoncement, aux côtés de tous ses amis de So Foot. La Coupe du monde est passée, la fenêtre s'est refermée, et il va désormais être urgent d'en ouvrir d'autres, afin que Christophe Gleizes puisse revenir aux siens. Vincent Duluc

Des journalistes brandissent des écharpes en soutien à Christophe Gleizes, toujours incarcéré en Algérie.  (F. Fife/Afp)

Des journalistes brandissent des écharpes en soutien à Christophe Gleizes, toujours incarcéré en Algérie. (F. Fife/Afp)

« Thank you for your service »

Dix-huit heures, à l'aéroport de Dallas. Orages, incendies, les États-Unis sont à feu et à eau et la plupart des avions sont en retard, très en retard. À la porte d'embarquement, l'hôtesse multiplie les mauvaises nouvelles au micro et on part donc faire un petit tour. Soudain, des acclamations et des applaudissements nourris. Est-ce qu'on a raté les joueurs de la Roja qui se sont qualifiés la veille pour la finale et doivent voler vers New York ?

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On retourne à l'épicentre de l'agitation et c'est une autre hôtesse qui a pris le micro. « Nous avons la chance d'avoir parmi nous un vétéran de la Guerre de Corée, annonce-t-elle en s'adressant à un monsieur, qui se lève doucement. C'est grâce aux gens comme vous que notre pays est un idéal de liberté. Thank you for your service. » Elle fond en larmes et va l'enlacer, sous les ovations des gens présents et alors que plusieurs badauds immortalisent la scène avec leur téléphone. Pas de doute, on est aux US. Il ne manquait plus que quelqu'un fredonne le Star-Spangled Banner. Romain Lafont

Géant vert

Dans l'aérogare baignée de soleil, au départ de Paris, on ne voyait que lui : sorte de tour de contrôle en jogging. Avec son sac à dos de sport, ses baskets pointure XXL et ses deux mètres à l'oeil - il mesure exactement 2,07 m - ce gars-là était peut-être bien un sportif de haut niveau. Plus de doute possible à le voir se lever régulièrement pendant les dix heures et demie de vol jusqu'à Seattle pour s'étirer minutieusement.

On s'est donc approché devant le tapis des bagages et on a découvert, sous son pull à capuche, un t-shirt siglé « Nanterre ». Il s'appelle Mitchell Saxen, joueur de basket professionnel en France, revenu chez lui, à Emerald City, pour les vacances. La discussion a vite glissé vers la balle orange et son club de coeur, qui évoluait en vert comme Nanterre : les Sonics de Seattle, franchise NBA disparue appelée à être ressuscitée à l'horizon 2028. Ça tombe bien, même parti pour suivre le Mondial de « soccer », on cherchait un temps mort pour raconter l'engouement d'une ville à l'aube du retour des Sonics. Baptiste Chaumier

DéchIRANt

Couvrir l'Iran aux États-Unis, en plein contexte de guerre, s'annonçait particulier, et la promesse d'une parenthèse enchantée s'est très vite évaporée. Suivre la « Team Melli », c'était plutôt se faufiler au milieu des mitraillettes de la Guardia Nacional à Tijuana, entendre les huées des opposants du régime pendant l'hymne à Los Angeles, écouter, encore, les joueurs et le sélectionneur se plaindre du traitement imposé par les organisateurs...

« Qui veut nous aider ? implorera, dépité, le capitaine Mehdi Taremi après le nul contre l'Égypte (1-1). Personne ne nous aide. Personne. » Ni le gouvernement américain (euphémisme), ni la FIFA. Pas un mot de soutien des autres sélections. « Meilleur des pires troisièmes », comme un symbole, l'Iran a quitté la compétition comme il est arrivé : dans l'indifférence. C'était un adversaire, et un problème, en moins. Sur le brassard de Taremi, on pouvait pourtant lire : « Le football unit le monde ». Simon Bolle

Mehdi Taremi pendant le matche entre la Belgique et l'Iran (0-0), le 21 juin à Los Angeles. (Alamy Stock Photo/Icon sport)

Mehdi Taremi pendant le matche entre la Belgique et l'Iran (0-0), le 21 juin à Los Angeles. (Alamy Stock Photo/Icon sport)

Destinée, on était tous les deux destinés

Cette histoire débute le 22 novembre 2022. En plein Mondial, lors d'un reportage dans la principale fan zone de Doha, j'avais fait la connaissance de Thomas, un supporter de l'équipe d'Angleterre originaire d'Oldham, près de Manchester. Je l'avais abordé parce qu'il portait un bob siglé Oasis et moi un tee-shirt aux couleurs du groupe, à une époque où cette formation (qui s'est reformée avec succès depuis) était généralement considérée comme ringarde.

L'histoire se prolonge le 21 juin 2024, pendant le dernier Euro, au lendemain d'Angleterre - Danemark, quand, dans la gare de Francfort, je tombe par hasard sur Thomas. En bon Anglais, il garde son flegme et me lance « you're alright mate ? » (ça va mon pote ?), comme si on s'était quitté la veille. Et voilà que, le 5 juillet, juste avant Mexique - Angleterre (2-3), dans les coursives du stade Aztèque, au coeur d'une foule très dense, je me retrouve face à Thomas qui, une fois de plus, accueille avec naturel notre rencontre impromptue. D'après ma femme, cette récurrence s'apparente à un signe du destin : « Il faut que tu aies une longue discussion avec lui, vous êtes forcément fait pour vous entendre. » On va caler ça pendant l'Euro 2028. Pierre-Étienne Minonzio

Thomas, le supporter anglais croisé à toutes les grandes compétitions depuis 2022 par notre reporter suiveur des Three Lions. (P. E. Minonzio/L'Équipe)

Thomas, le supporter anglais croisé à toutes les grandes compétitions depuis 2022 par notre reporter suiveur des Three Lions. (P. E. Minonzio/L'Équipe)

Quand les Américains voient les Bleus partout

Il faudra sans doute beaucoup plus qu'une Coupe du monde pour faire connaître le « soccer » aux Américains. La scène se passe dans un restaurant asiatique à la mode du centre de Boston et apprécié des footballeurs. Quelques joueurs marocains dont Noussair Mazraoui et Sofyan Amrabat profitent de leur première soirée de liberté, au lendemain de leur élimination face aux Bleus. Au milieu de supporters, d'influenceuses, de personnalités, un groupe de jeunes débarquent. Ils sont grands, athlétiques et parlent français.

Dans le restaurant, le silence s'installe. Et les regards se braquent sur ce groupe de « frenchies ». Les minutes passent, discrètement, les appareils photos sortent. Et les clients américains donnent l'impression de s'intéresser plus précisément à cette table de sept ou huit. Ça chuchote, ça regarde, ça pianote sur son téléphone. Sans qu'on ne comprenne bien pourquoi. Le dîner s'achève. Le groupe de Français s'apprête à quitter le restaurant. De jeunes clients américains s'avancent vers l'un d'eux : « Bon match ! Je peux faire une photo avec vous ? » Interdit, le Français répond : « Mais pourquoi ? »« Bah vous êtes des joueurs de l'équipe de France. » Pas du tout. La scène se finit dans un éclat de rire. Les Américains rangent leurs téléphones... Hugo Delom

Zorros et mosquitos

Viva Aerobus ayant retardé son vol depuis Monterrey de plus de trois heures, après avoir déjà annulé sans prévenir celui initialement réservé, l'arrivée à Guadalajara s'effectue tard dans la nuit. Une autre mauvaise surprise nous attend à l'hôtel rococo de Zapopan. Des hommes au visage masqué et lourdement armés surveillent jour et nuit l'entrée et leurs véhicules garés devant. Ce n'est qu'une fois à l'intérieur qu'ils évoluent à découvert.

Comme leur tee-shirt l'indique, les voisins du petit déjeuner tout en muscles appartiennent au Fuerza de Tarea. Plus connue sous le nom d'escadron Zorros, cette unité d'élite de la police de la ville de Mexico est venue renforcer la sécurisation de Guadalajara, mise en état de siège par les Narcos après la disparition de leur chef en mars, et où El Tricolor disputera le seul match de « sa » Coupe du monde hors de la capitale mexicaine, le lendemain, face à la Corée du Sud (1-0, le 19 juin). Si l'ambiance se révèle dès lors tendue tout autour de l'hôtel, difficile de ne pas se sentir à l'abri de toute agression à l'intérieur. C'est sans compter sur les moustiques, désagréables compagnons de nuits devenues blanches. Comme quoi, les Zorros ne peuvent pas toujours protéger Bernard (o). Bernard Lions

Messi, le MMA et le casino

Si Boston et les grandes villes américaines se sont mises à l'heure de la Coupe du monde, certains repères restent difficiles à faire bouger. On a eu le loisir de suivre Argentine - Suisse dans l'immense casino qui borde la ville, dans le sillage d'un collègue plus aguerri et plus en réussite. Au milieu des 2 700 machines à sous et des centaines de tables de jeu trône un mur d'écrans géants permettant de suivre ses paris en direct, avec deux immenses dalles pour les épreuves reines et de plus petites pour les compétitions annexes.

Messi et les siens avaient encore droit à l'une de ces deux places VIP, côte à côte avec Benoît Saint-Denis lorsque le combattant français s'est fait rétamer en 50 secondes par Paddy Pimblett, un Anglais très énervé. Mais quand les deux stars de l'événement Conor McGregor et Max Holloway sont arrivées, l'Argentine et la Suisse ont été rétrogradées dans un coin, sur les écrans arrondis. Dans une frénésie qui collait bien à ce décor digne de Las Vegas, la foule s'est emballée simultanément pour la fin de prolongation folle des Argentins et pour le retour raté de l'Irlandais, assistant médusée à quelques secondes de combat assez grotesque suivies d'une blessure au genou. Yves Leroy

Au milieu des 2 700 machines à sous, ce casino diffuse les matches de la Coupe du monde, mais aussi le MMA, qui a remporté les faveurs du public. (Y. Leroy/L'Equipe)

Au milieu des 2 700 machines à sous, ce casino diffuse les matches de la Coupe du monde, mais aussi le MMA, qui a remporté les faveurs du public. (Y. Leroy/L'Equipe)

La Barge, le Texas qui bouge

C'était le point de restauration le plus proche de notre hôtel-camp de base au Texas et c'est vite devenu un rendez-vous quasi quotidien. Il y avait juste la double trois voies à traverser pour rejoindre la Barge 295, posée sur le Clear Lake, au sud de Houston. L'air venu du Golfe du Mexique y rend la chaleur presque supportable. L'établissement est particulier, mi-bar mi-restaurant, on y donne des concerts le week-end et une animation bingo le lundi. Cinq machines à sous sont posées au fond, au coin du bar.

La Barge tangue gentiment au rythme de la marée et des bateaux qui démarrent du ponton. L'ouragan Harvey l'a durement secouée en 2017 ; il y a pile deux ans c'est l'ouragan Beryl qui l'a envoyée par le fond. Cet été la première tempête tropicale de la saison est passée quelques kilomètres plus au nord, au début de la Coupe du monde. Jusqu'à quand la Barge demeurera-t-elle résiliente face aux caprices du dérèglement climatique ? Ici, on ne semble pas s'en préoccuper beaucoup. « American oil, american jobs » proclame un slogan inscrit sur un dépôt pétrolier, pas très loin. L'or noir est partout. La Barge sert un excellent « red fish » avec des couverts en plastique. Un jour, nous avons pris l'initiative inconsidérée de commander un « glass of white wine » pour arroser notre plat. Notre verre de chardonnay est arrivé servi dans un gobelet en polystyrène. Le Texas n'est jamais décevant. Régis Dupont

La Barge 295, posée sur le Clear Lake, au sud de Houston. (S. Mantey/L'Équipe)

La Barge 295, posée sur le Clear Lake, au sud de Houston. (S. Mantey/L'Équipe)

L'Écosse plutôt que les Spurs

Soir de finale NBA aux États-Unis. Les New York Knicks affrontent les San Antonio Spurs dans un match cinq potentiellement décisif. Nous sommes à Boston et nous nous apprêtons à prendre la direction de New York dans quelques jours pour le premier match de l'équipe de France face au Sénégal. Une victoire des Spurs signifierait un nouvel épisode décisif le soir de la rencontre des Bleus, quelques heures seulement plus tard, au Madison Square Garden. De quoi rêver d'une soirée mémorable dans les rues de New York.

Nous poussons la porte d'un bar local en espérant une victoire de l'équipe de Victor Wembanyama, avec l'idée de vivre l'effervescence new-yorkaise dans la foulée. Mais nous avions oublié un détail : ce soir-là, l'Écosse affrontait Haïti à Boston. Depuis plusieurs jours, les supporters écossais avaient littéralement envahi la ville. Dans les rues comme dans les bars, ils étaient partout, parfois même sans billet pour le match. Flairant la bonne affaire, les établissements avaient tous fait le même choix : le football plutôt que le basket. Il a donc fallu négocier avec quelques fans des Knicks, pourtant ennemis jurés des Celtics locaux, pour obtenir le droit à une télévision, reléguée au fond du bar. Nous avons finalement suivi cette finale NBA avec, en fond sonore, les commentaires du match de football et les chants écossais qui résonnaient sans interruption. Loïc Tanzi

Dans ce bar de Boston, une seule télévision diffusait le match 5 de la finale NBA, concurrencée par Écosse-Haïti le même soir. (L. Tanzi /L'Equipe)

Dans ce bar de Boston, une seule télévision diffusait le match 5 de la finale NBA, concurrencée par Écosse-Haïti le même soir. (L. Tanzi /L'Equipe)

Inao Oulaï et Kessié, ces belles rencontres

Une Coupe du monde, c'est le bonheur de tant de rendez-vous inattendus qui embellissent votre vie. Comment oublier ce premier jour où j'ai demandé du côté de Times Square à une fille portant un maillot sénégalais où se trouvaient les supporters des Lions à New York et m'entendre répondre : « Hervé ! » ? Il s'agissait d'une copine rencontrée durant la CAN en janvier avec laquelle je passerai quelques moments aux États-Unis - merci d'ailleurs pour la traduction en wolof à Harlem - ou cet influenceur qui m'a fait tester les cookies version US - c'est du solide... - après m'avoir reconnu sur un vélo - ou un autre découvert à Rabat et que j'ai revu dans un bar de Manhattan par pur hasard.

Puis il y a les footballeurs, notre coeur de métier. Dans cet univers fermé comme un coffre d'une banque suisse, un mot sur Franck Kessié et Christ Inao Oulaï, l'ancien, capitaine modèle, et le nouveau, fraîcheur désarmante, tous deux d'une gentillesse rare avec le peu de journalistes ayant poireauté deux heures et demie pour la sortie groupée des Ivoiriens, un grand classique. Dans ces après-matches qui se réduisent souvent à des casques qui se faufilent dans un couloir improvisé, il est bon de savoir qu'il reste un peu de rapport humain. On avait fini par l'oublier. Hervé Penot

Franck Kessié salue Erling Haaland après la défaite de la Côte d'Ivoire contre la Norvège en seizièmes de finale. (M. Lysaker/Presse Sports)

Franck Kessié salue Erling Haaland après la défaite de la Côte d'Ivoire contre la Norvège en seizièmes de finale. (M. Lysaker/Presse Sports)

Le show à l'américaine

C'est un moment « surréaliste » comme le décrira Lionel Scaloni. On est deux jours avant la finale, dans un gigantesque bâtiment de Manhattan où a lieu un festival de collectionneurs d'articles de sport. Entre les conférences de presse de l'Argentine et de l'Espagne, la FIFA a demandé aux sélectionneurs accompagnés de Lionel Messi, Rodri et Emiliano Martinez, de venir s'adresser à un public chauffé à blanc qui a payé au moins 80 dollars pour être là.

Une poignée de questions posées par Novak Djokovic, Tom Brady, Kevin Durant ou Rio Ferdinand, rien que ça. La foule écoute à peine les réponses, elle hurle, siffle, n'a d'yeux que pour Messi. Incrédules, les cinq footeux se demandent ce qu'ils font là, l'objet de cet improbable moment. Visage fermé, Luis de La Fuente remarque que la base du sport est le respect de l'adversaire, le respect de l'autre, même s'il défend d'autres couleurs. Ses paroles se perdent dans la musique assourdissante crachée par la sono. Les cinq hommes quittent la scène, les hurlements reprennent, le show peut continuer. José Barroso

Le toboggan des Écossais

Bien plus récent que les monuments les plus connus de Boston, the « cop slide », ou toboggan du flic en VF, est pourtant référencé comme un site historique sur Google Maps. Il s'agit, comme son nom l'indique, d'un toboggan devenu célèbre pour avoir été dévalé à très haute vitesse par un policier, qui s'en est sorti avec des blessures légères. C'est cruel mais la vidéo est très drôle et elle a été partagée des millions de fois sur internet, en tout cas assez pour que de nombreux adultes tentent, depuis, la descente, à leurs risques et périls.

Forcément, les Écossais en goguette à Boston ne pouvaient pas passer à côté de cette expérience et c'est ainsi qu'on a vu plusieurs énergumènes en kilt s'y essayer, en finissant souvent en vrac, leur intimité exposée à la vue de groupes hilares. On a même assisté à une descente avec cornemuse, preuve que les Écossais avaient bien traversé l'Atlantique avec toutes leurs traditions. Ce n'est pas pour rien que Boston les a adorés, et pas seulement les tenanciers de bars. Anthony Clément

Les Écossais se sont risqués à descendre ce toboggan surnommé « cop slide » en référence à une vidéo devenue virale. (A. Clément/L'Equipe)

Les Écossais se sont risqués à descendre ce toboggan surnommé « cop slide » en référence à une vidéo devenue virale. (A. Clément/L'Equipe)

Il y a un double avantage à être envoyé par L'Équipe depuis Paris à Manhattan : notre chambre à l'Empire Hotel, sur Broadway, donne directement sur Central Park, à une rue ; et au début, on se réveille tôt le matin, mettant à profit le jetlag. Cela encourage les footings dès l'aube, à la fraîche, comme dans un rêve ou plutôt comme dans un film. Dès les premières sorties, on comprend vite qu'un autre spectacle que celui du ballet des écureuils se joue sur les chemins.

Après avoir regretté plusieurs heures ne pas avoir abordé une joggeuse qui ressemblait beaucoup à Cameron Diaz, puis avoir rencontré dans le lobby le célèbre Chuck Bass, « crush » originel d'une génération de femmes dans Gossip Girl, la consécration est arrivée au 5e kilomètre d'une courte séance, quelques jours plus tard. On l'a doublé, dévisagé, reconnu puis attendu, avant de dégainer l'iphone et de lui arracher un sourire, en l'interpellant : Matt Damon en selfie, ce n'est pas encore l'Odyssée, mais le signe d'une Coupe du monde réussie. Hugo Guillemet

Sur les chemins de Central Park, il est possible de croiser Matt Damon lors d'une sortie running. (H. Guillemet/L'Equipe)

Sur les chemins de Central Park, il est possible de croiser Matt Damon lors d'une sortie running. (H. Guillemet/L'Equipe)

Un trophée bien gardé

Après l'entraînement de l'équipe de France, à la veille de la demi-finale contre l'Espagne, je retrouve mes collègues Franck Faugère et Pierre Lahalle. Nous décidons d'aller boire un verre dans un bar du quartier de Deep Ellum, le quartier le plus vivant de Dallas. À peine entrés, nous tombons... sur la Coupe du monde. Là, posée sur le zinc, comme un simple trophée de tournoi de quartier.

Deux supporters espagnols veillent sur elle avec un large sourire. À les voir poser fièrement à ses côtés, le doute n'est plus permis : dans leur tête, elle est déjà en route pour Madrid. À quelques heures d'une demi-finale, ils avaient déjà imaginé la fin. Stéphane Mantey

Deux supporters espagnols veillent sur une réplique du trophée de la Coupe du monde dans un bar à Dallas. (S. Mantey/L'Équipe)

Deux supporters espagnols veillent sur une réplique du trophée de la Coupe du monde dans un bar à Dallas. (S. Mantey/L'Équipe)