“On me réduit au silence”: opposant de Poutine, Boris Nadejdine renonce à se présenter aux élections
Russie
L'opposant russe Boris Nadejdine, condamné à une amende pour "symboles extrémistes", a annoncé dimanche qu'il renonçait à se présenter aux élections législatives de septembre, disant être "réduit au silence" et "poussé hors de la politique".
A.MA
Source: Belga
19 juillet 2026, 18:12Dernière mise à jour: 18:46
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Boris Nadejdine fait partie des rares personnes en Russie à dénoncer publiquement le chef de l’Etat Vladimir Poutine et l’offensive en Ukraine, sans être emprisonné. “Ma capacité à faire légalement de la politique dans l’opposition en Russie est épuisée. J’espère que ce n’est que temporaire”, a-t-il écrit sur Telegram, expliquant que selon le code électoral, son statut d’“agent de l’étranger” et sa condamnation excluent “toute possibilité d’être élu à la Douma”.
“État malade”
“Je ne suis pas prêt à mettre en danger ceux qui me soutiennent”, a-t-il poursuivi, avant d’ajouter: “Nous ne déposerons pas auprès de la commission électorale les centaines et centaines de signatures que nous avons recueillies”.
La campagne de cet homme de 63 ans était fortement compromise depuis qu’il a été déclaré “agent de l’étranger” la semaine dernière, puis brièvement arrêté lundi et condamné vendredi à une amende de 1.000 roubles pour “démonstration de symboles extrémistes”.
En marge de cette audience confuse marquée par un malaise de l’accusé et l’arrivée d’ambulanciers, l’ancien député de la Douma (2000-2003) a dénoncé un “État malade”, affirmant que les poursuites avaient été lancées contre lui pour l’empêcher de se présenter.
“Ma vie est devenue bien plus difficile”
M. Nadejdine était un ami de l’opposant Boris Nemtsov assassiné en 2015. Il était poursuivi car, sur Telegram, il avait publié en 2023 l’annonce d’une émission d’une autre opposante dans laquelle apparaissait fugacement une photo d’un autre opposant, Alexeï Navalny.
M. Navalny et ses organisations ont été déclarés “extrémistes” avant sa mort en prison en 2024. Depuis, les autorités accusent régulièrement des individus de promouvoir “l’extrémisme” pour avoir partagé ses propos, ou même ses photos.
“On me réduit au silence, on me pousse hors de la politique, et ma vie est devenue bien plus difficile”, a écrit M. Nadejdine, avant de remercier ses soutiens. “Maintenant je dois comprendre comment continuer à vivre. J’espère rester en vie et libre. Je suis sûr que tout ira bien, même si ce n’est pas pour tout de suite!”