Leur chat est mort après avoir été torturé : la justice classe l’affaire faute de preuve
Sept mois ont passé mais la douleur est toujours aussi vive, les sentiments toujours aussi exacerbés pour Annick et Gérard.
Malgré des soins vétérinaires en urgences, Zéphyr ne survivait pas à ses blessures (nos éditions précédentes). Aussitôt, une plainte était déposée et une enquête ouverte par le parquet de Draguignan. Elle sera classée sans suite début juin.
« Malgré les diligences accomplies, les investigations n’ont malheureusement pas permis d’identifier avec certitude l’auteur de ces faits », a précisé par écrit le procureur Pierre Couttenier au couple éploré.
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« Je suis écœurée, soupire Annick, qui possède son intime conviction sur l’identité du responsable de cet acte de cruauté. La gendarmerie n’a même pas effectué d’enquête de voisinage… Je comprends qu’ils ont d’autres dossiers plus importants à gérer, mais bien souvent, les futurs tueurs commencent par s’en prendre aux animaux. La ’’référente animaux’’ à la gendarmerie de Fayence n’était même pas au courant de notre histoire, c’est dire l’intérêt qu’ils portent à ce genre d’affaire… »
Épaulés par Me Isabelle Terrin, avocate spécialisée dans la défense de la cause animale, Annick et Gérard ont donc demandé la copie du dossier pénal, afin de savoir, entre autres, si les expertises ADN ont bien été effectuées.
Ils caressent également l’espoir de voir le procureur général Franck Rastoul, qui a créé en novembre 2024 la cellule de lutte contre la maltraitance animale coordonnant la politique pénale en la matière sur le ressort de la cour d’appel, se saisir du dossier.
Objet contondant introduit dans l’anus et « activement malaxé »
« Nous avions également sollicité un vétérinaire expert près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, explique la retraitée. Son complément d’expertise est clair : la personne qui a fait ça n’en est pas à son coup d’essai. Lui n’avait jamais vu de telles blessures de toute sa carrière… Est-ce que les gendarmes ont lu ce qu’il a écrit ? »
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L’expert avait notamment relevé que certaines blessures fatales à Zéphyr avaient été réalisées « à l’aide d’un instrument contondant non tranchant pouvant avoir été introduit dans l’anus et activement malaxé jusqu’à arracher les ligaments de l’attache de la queue… »
« On l’a ensuite saisi par la queue et fait tournoyer avant de le balancer dans le jardin de notre voisine nonagénaire, précise Annick, encore sous le choc. Zéphyr a essayé de rejoindre notre maison, mais il était trop faible. »
Une association pour sensibiliser les enfants à la maltraitance animale
A l’époque des faits, Annick et Gérard avaient lancé une pétition en ligne (1) qui a recueilli à ce jour plus de 62 000 signatures. Aujourd’hui, Annick s’apprête à créer l’association « Zéphyr, protection et défense des sans voix. »
« Je ne veux pas Zéphyr soit mort pour rien, explique la retraitée. L’objectif de cette association sera de mener des actions d’éducation et de sensibilisation auprès des enfants afin de lutter contre la maltraitance animale. À notre petit niveau, nous voulons faire changer les mentalités. Les animaux ressentent la peur, la douleur, la joie. Ce ne sont pas des objets, ce sont des êtres vivants. »
1. « Justice pour Zéphyr atrocement torturé, retrouvé agonisant » sur mesopinions.com.