Si les populations locales connaissaient ces représentations depuis toujours, elles ont été mentionnées pour la première fois en 1553 dans le livre Crónicas del Perú du conquistador espagnol Pedro Cieza de León, sans que celui-ci n'en fournisse cependant une description précise.

Puis, elles sont officiellement redécouvertes en 1927 par l'archéologue péruvien Toribio Mejía Xesspe qui avait repéré plusieurs tracés depuis les collines voisines. A partir des années 40, l'anthropologue américain Paul Kosok,  puis la mathématicienne allemande  Maria Reiche, vont les étudier, les cartographier et les protéger.

Tracé dans le désert péruvien il y a près de deux millénaires, le célèbre colibri de Nazca n’a toujours pas livré la raison de son existence. © Diego Delso, delso.photo — CC BY-SA 4.0

Un site exceptionnel

Ces géoglyphes, inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1994, occupent une zone de 450 kilomètres carrés. Il y a environ 800 figures géométriques différentes gravées à la surface du désert et constituées d'un seul tracé qui ne se recoupe jamais.. Ce sont des lignes droites, des spirales, des ellipses, des trapèzes, des triangles, ainsi que des représentations stylisées de végétaux et d'animaux, comme des singes, des colibris, des condors, des jaguars, des araignées, des cactus... On trouve aussi des personnages humains et des êtres étranges difficiles à identifier.

Depuis plus de deux siècles, l’île d’Oak engloutit les hommes, les fortunes et les certitudes… sans livrer son secret. Image générée à l'aide d'un outil IA. © Xavier Demeersman, ChatGPT

Un trésor de pirate fabuleux, tunnels noyés, morts inexpliquées : le mystère d’Oak Island résiste toujours

Au large de la Nouvelle-Écosse, l'île canadienne d'Oak, également appelée île aux chênes, est le théâtre, depuis plus de deux cents ans, de l’une des plus célèbres chasses au trésor de l’Histoire. Prospecteurs, aventuriers, explorateurs et investisseurs s'y sont succédé pour découvrir le « Money Pit », le puits de la fortune, sans succès jusqu'ici.... Lire la suite

Maria Reiche  estime que la plupart des figures ont été réalisées sur une période d'environ un millénaire entre entre 500 av. J.-C. et 500 apr. J.-C., par des populations liées aux cultures Paracas, puis Nazca. Les bâtisseurs retiraient les cailloux sombres, oxydés par le soleil, pour faire apparaître un sol plus clair. Les sillons, souvent peu profonds, ont survécu grâce à l'extrême aridité de la région.

Tout indique qu'ils étaient tracés par carroyage, à partir d'un dessin divisé en petits carrés, qui étaient reportés sur le sol à plus grande échelle grâce à des pieux et des cordes. Dans les années 40, la découverte de 300 pieux à proximité d'un rectangle de 800 mètres de long et de 100 mètres de large a donné beaucoup de crédit à cette hypothèse.

Déployée sur la pampa aride, cette araignée monumentale alimente depuis des décennies les hypothèses sur la fonction réelle des lignes de Nazca. © Diego Delso, delso.photo, CC BY-SA 4.0

Calendrier céleste ou routes sacrées ?

L'hypothèse astronomique s'est longtemps imposée comme la plus plausible, notamment parce que certaines lignes pointent vers le Soleil à des dates précises, mais elle ne suffit pas à expliquer l'ensemble du site. Les orientations sont trop nombreuses et trop diverses pour former un système cohérent de représentation des étoiles.

Aujourd'hui, les archéologues privilégient plusieurs fonctions complémentaires.  Les longues lignes et les trapèzes auraient pu servir de parcours processionnels lors de cérémonies collectives dédiées à l'eau et à la fertilité. Les animaux et les plantes rappellent, quant à eux, les motifs des poteries nazcas. Les dessins auraient ainsi transformé la pampa en espace sacré. Quant aux théories d'anciennes pistes d'atterrissage extraterrestres, elles ne reposent sur aucun indice sérieux.

De nouvelles découvertes

En 2024, une équipe de l'université japonaise de Yamagata, associée à IBM Research, a annoncé la découverte de 303 géoglyphes supplémentaires grâce à l'analyse d'images aériennes par intelligence artificielle. Plus petits, souvent situés près d'anciens sentiers, et donc plus difficiles à repérer, ils ont nourri une nouvelle lecture du site. Les grandes figures linéaires auraient accompagné des rituels communautaires, tandis que les petits reliefs auraient servi de repères pour se rendre aux cérémonies.

Pour autant, deux mille ans après la création des lignes de Nazca, ces explications restent de simples hypothèses, qu'aucune preuve archéologique n'est encore venue confirmer.