Manifestations des lycéens : Sébastien Lecornu attaque un « mouvement de violences urbaines »
Sébastien Lecornu a déclaré, ce jeudi, que les manifestations des lycéens se transformaient selon lui en « mouvement de violences urbaines ». Une grande journée d’action est attendue samedi.
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Sébastien Lecornu a estimé, ce jeudi, que le mouvement lycéen se transformait en « mouvement de violences urbaines », dénonçant « un appel à la violence qui est absolument épouvantable » dans certains endroits. Évoquant notamment des « tirs de mortier dans des lycées » ou « des intrusions », le Premier ministre a jugé que c’était « faire injure d’ailleurs aux lycéens » qui ont voulu témoigner de leur « angoisse » et « mécontentement », ou « demander des choses au gouvernement ou aux conseils régionaux ».
« Un moment de fatigue dans le pays »
« L’intensité de la violence a encore augmenté ces derniers jours », a-t-il affirmé, bien que le nombre de blocages de lycées se soit largement réduit. Il a par ailleurs répondu par l’affirmative aux craintes de violences lors de la journée de manifestations prévue samedi contre la vie chère, à l’appel de plusieurs organisations dont des gilets jaunes. Le chef du gouvernement a assuré ressentir « profondément » qu’« il y a un moment de fatigue dans le pays », parce que la France « est dans une forme de permacrises, des guerres, des incertitudes sur le pouvoir d’achat, l’inflation ». Et « certains mouvements politiques veulent récupérer cette fatigue pour le transformer en carburant électoral », a-t-il pointé dans une allusion à La France insoumise.
Dans le même temps, des personnels du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un des épicentres du mouvement lycéen, ont dénoncé jeudi une intervention « violente » de policiers en civil dans l’enceinte de l’établissement pour y interpeller un élève. « Le proviseur a convoqué un élève dans son bureau, et a fait entrer la police pour le faire arrêter. Des personnels sont venus massivement s’y opposer, suscitant des réactions violentes de la part de la police, y compris des coups contre des collègues », déplorent-ils.
« On attend des choses concrètes »
Dans la matinée, le ministre Édouard Geffray s’est rendu au lycée Les Iris à Lormont près de Bordeaux en partie saccagé jeudi dernier, avec des dégâts estimés par la région à au moins 250 000 euros. « Le dialogue existe, il a déjà débouché, mais les gens qui font ça (…), c’est des criminels. Tenez bon ! », a lancé le ministre, avant de remercier les personnels qui ont « sauvé des jeunes », mais « aussi des adultes ».
La réunion entre Édouard Geffray et les organisations lycéennes se fera finalement en visioconférence à 17 h 30. « On attend des choses concrètes sur Parcoursup, le bâti scolaire, les emplois du temps », rappelle à l’AFP Pierre Sourzat, représentant de Les Lycéens !, déplorant n’avoir eu que des « miettes » jusqu’à présent. Peu après la précédente réunion, jeudi 8 octobre, avait été annoncé le redéploiement de 3 000 enseignants titulaires remplaçants, associé à l’embauche de contractuels.
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