REPORTAGE. "Trouver les identifiants et entrer dans le réseau" : à Saint-Malo, des élèves ont participé à un exercice de cybersécurité mené par l'armée
Les élèves de l'IUT de Saint-Malo ont pris part, mercredi, à l'événement Def hack. Un exercice organisé par le commandement de la cyberdéfense, qui cherche à recruter ses futurs spécialistes, alors que les cyberattaques se multiplient.
Radio France
Publié le 15/10/2026 14:06
Temps de lecture : 2min
Le scénario est simple : le système informatique d'une frégate a été attaqué. Les étudiants de l'IUT de Saint-Malo, qui participent mercredi 15 octobre à une session d'exercice de l'événement Def hack, doivent à leur tour pirater le système pour comprendre ce qu'il s'est passé, identifier les données compromises et réparer. C'est un exercice mené par le commandement de la cyberdéfense à destination d'étudiants en école d'informatiques. Une immersion dans le monde de la cyberdéfense pour tester et recruter de futurs cybercombattants, à l'heure où les cyberattaques se multiplient.
"Globalement, même nous, on ne comprend pas trop comment faire, avoue Oscar, à la tête des équipes, cheveux en pétard et ordinateur dans les mains. Donc l'idée, ça va être de mettre en place une solution qui permette de rentrer dans le réseau à plusieurs en même temps." Assis devant lui, en train de taper sur son clavier, Elijah est le seul qui a réussi à s'introduire pour l'instant. "Il y a des identifiants qu'on n'a pas et dont on a besoin pour tous se connecter en même temps. Je vais trouver les identifiants et les communiquer au reste de mon équipe pour qu'on puisse tous travailler en même temps", explique-t-il. "Une fois qu'on sera tous dans le système, on a une liste d'objectifs à remplir, notamment un site web qui permet de communiquer avec toute l'armée qu'on doit remettre en place urgemment", ajoute Oscar.
Évidemment, le système informatique n'est pas celui d'une frégate, c'est une simulation taillée sur mesure par les instructeurs de l'armée qui pilotent l'exercice avec plusieurs niveaux de sécurité, des pièges et même de l'intelligence artificielle. "Il va y avoir des gestions de crise, des événements prévus, d'autres imprévus. Les étudiants doivent à la fois maîtriser de la technique, de l'organisationnel, de la communication et aussi l'aspect humain, donc, la gestion du stress, savoir tenir dans la durée", explique un des encadrants.
Six heures précisément, c'est la durée de l'exercice, qui se déroule sous le regard de Frédéric Weis, le responsable du cursus cybersécurité. Il fait un parallèle avec l'actualité, notamment les attaques contre des réfrigérateurs de supermarchés survenue le 12 octobre : "C'est complètement ce qui s'est passé avec les frigidaires. On a vu le résultat. Là, c'est en tous points comparables. Le système change, mais les outils que les étudiants utilisent sont les mêmes que ceux qui attaquent ces systèmes-là."
"Dans le discours des militaires, ce qui a évolué, c'est la partie opérationnelle, c’est-à-dire qu'on s'occupe des incidents, mais aussi de la partie attaque."
Frédéric Weis, le responsable du cursus cybersécurité
sur franceinfo
"On a trouvé comment faire pour que tout le monde puisse accéder aux machines. On vous envoie tout sur le groupe", annonce Oscar. Lui et son équipe ont réussi à ouvrir une porte en moins de deux heures. Un démarrage en trombe qui impressionne le lieutenant qui suit leur groupe : "Ils s'en sortent très bien, ils sont très en avance par rapport à d'autres écoles. Ils ont trouvé des choses que certains n'avaient pas trouvées. C'est un collectif, donc l'intelligence collective prime sur tout le reste. Donc ça c'est plutôt prometteur pour la suite."
C'est prometteur pour la suite de l'exercice, mais aussi pour l'armée qui assume d'organiser cet événement pour recruter, 16 écoles et 600 étudiants participent. Le commandement de la cyberdéfense compte aujourd'hui 5 000 cybercombattants. Il veut en recruter 500 de plus d'ici à 2030.
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