Friedrich Merz face à un défi crucial lors des élections régionales allemandes
Publié17. septembre 2026, 19:31
AllemagneMerz joue son avenir aux élections régionales de dimanche
Près de quatre millions d’électeurs allemands sont appelés dimanche aux urnes à Berlin et dans le land rural et côtier du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (nord-est).

Le chancelier allemand Friedrich Merz survivra-t-il aux scrutins régionaux de dimanche? Le débat est ouvert après le récent échec électoral de son parti conservateur en Saxe-Anhalt, où l’extrême droite a obtenu une écrasante victoire. Signe des temps, M. Merz a convoqué une réunion de crise des cadres de son parti, la CDU, pour dimanche soir, a annulé son déplacement prévu pour dans la semaine à New York en vue de l’Assemblée générale des Nations Unies et a répondu avec mauvaise humeur à un journaliste l’interrogeant sur son avenir politique.
Près de quatre millions d’électeurs allemands, appelés dimanche aux urnes à Berlin et dans le land (État régional) rural et côtier du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (nord-est), pourraient décider de son avenir. Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) devrait fortement progresser aux deux scrutins, quinze jours après la lourde défaite infligée à la CDU en Saxe-Anhalt, un bastion de cette formation antimigrants et prorusse dans l’ex-RDA.
«Dramatique est un mot trop faible»
Dans la capitale, les choses s’annoncent tout aussi difficiles: le parti du chancelier, dont le maire est issu, est au coude-à-coude avec la gauche radicale Die Linke (autour de 20% chacun) et talonné, selon les sondages, par l’AfD (18%). Dans le nord-est, l’AfD devance d’une courte tête, dans les enquêtes d’opinion, les sociaux-démocrates (37 contre 35%). La CDU (7%) est complètement distancée, dangereusement proche des 5% nécessaires pour être représentée au Parlement régional.
Une telle non-qualification serait une première dans l’Allemagne d’après-guerre, une humiliation pour M. Merz et une victoire pour l’extrême droite qui, se présentant comme la seule véritable force politique conservatrice, veut la tête du chancelier. «Dramatique est un mot trop faible» pour qualifier «un échec de cette ampleur» s’il devait se produire, dit à l’AFP Ursula Münch, politologue à l’Académie de formation politique de Tutzing.
«Avant aussi je votais pour la CDU mais c’est fini»
L’AfD est parvenue à siphonner en une décennie les voix de la CDU avec un discours anti-immigration mais aussi en pointant du doigt les alliances répétées des conservateurs avec des partis plus à gauche, adoptant des positions plus inclusives sur la famille, les personnes LGBT+ ou les immigrés.
«Avant aussi je votais pour la CDU mais c’est fini (…), elle n’a toujours pas réussi à se ressaisir», résume Manuela Schmidt, une retraitée de 63 ans croisée dans les rues de Berlin. Cette année, son choix, c’est l’AfD. Friedrich Merz a reconnu l’ampleur des difficultés mais exclu de démissionner, alors même que les conjectures sur son départ prématuré et l’identité d’éventuels successeurs proviennent de son camp.
(les/ol)

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