Mirapolis, le premier grand parc à thème français qui sort de l’oubli avec le projet Dragon Ball
Divertissement 24/08/2026 17:07 Actualisé le 24/08/2026 19:04
Dans les années 1980, il était le premier grand parc à thème français et affichait une ambition considérable. Mirapolis et son Gargantua géant n’auront finalement survécu que cinq ans.

PATRICK HERTZOG / AFP
Le site Mirapolis, dans le Val-d’Oise, a été le premier parc d’attractions français inauguré en 1987.
Et si les vestiges du Parc français Mirapolis laissaient place à l’univers de Dragon Ball ? Un nouveau projet de parc à thème dans le Val-d’Oise est actuellement discuté entre les autorités françaises et l’investisseur saoudien Qiddiya Investment Company.
L’existence de ce projet avait été révélée fin juillet par Politico, et semble se concrétiser. Ce lundi 24 août, Valérie Pécresse a confirmé sur TF1 que la Région Île-de-France travaillait sur ce dossier depuis « dix-huit mois ». Elle a évoqué un projet « de l’ampleur de Disney ». En fin de journée, l’Élysée a annoncé que l’Arabie saoudite avait signé, lors d’une visite à Paris du prince héritier Mohammed ben Salmane, un protocole d’accord avec la France pour créer trois parcs d’attractions près de Cergy-Pontoise, en région parisienne, dont l’un probablement sur l’univers des mangas.
Si le projet se concrétise, Dragon Ball viendrait donc s’installer sur les traces du parc qui, à la fin des années 1980, voulait lui aussi devenir une destination majeure. Nous sommes en 1987. Disneyland Paris n’existe pas encore, le parc Astérix non plus. Dans cette France qui découvre l’essor des grands parcs de loisirs, Mirapolis doit ouvrir ses portes à Courdimanche, dans la ville nouvelle de Cergy Pontoise.
Un parc qui veut raconter la France
Quelques jours avant l’ouverture, près de 200 forains menés notamment par Marcel Campion pénètrent dans le parc pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une concurrence déloyale. Les installations sont dégradées et plusieurs équipements sont endommagés. Le parc est finalement inauguré le 20 mai 1987 par Jacques Chirac, alors Premier ministre, avant son ouverture au public le lendemain.
Il est présenté comme le premier grand parc à thème français et affiche une ambition considérable : proposer une sorte de grande destination familiale inspirée, dans sa conception, des parcs américains, mais en s’appuyant sur la culture française. Mirapolis veut raconter la France à travers ses contes, ses légendes et sa littérature.
Le parc est notamment connu pour sa gigantesque de statue de Gargantua de 35 mètres dressée dès l’entrée. La forêt de Brocéliande, la ville d’Ys, les inventions de Léonard de Vinci ou encore l’univers de Dame Tartine font partie des thèmes imaginés pour le parc. Des attractions, des spectacles, des restaurants et des boutiques complètent l’ensemble.
Un projet trop ambitieux qui prend fin au bout de cinq ans
Mais pour sa première saison, le parc accueille environ 600 000 visiteurs, alors que deux millions étaient espérés. Un rapport du Sénat publié à l’époque souligne déjà l’écart important entre les prévisions et la fréquentation réelle. Le parc va connaître une amélioration lors de sa deuxième saison. En 1988, Mirapolis atteint environ un million de visiteurs. C’est alors le premier parc d’attractions français à franchir ce seuil.
Cette progression ne suffit pas à résoudre les difficultés économiques d’un site qui avait vu trop grand. Le 20 octobre 1991, après cinq saisons d’exploitation, Mirapolis ferme définitivement ses portes. Aujourd’hui, il ne reste pratiquement rien du parc tel qu’il existait dans les années 1980.
Trente-cinq ans après, ce site abandonné pourrait donc laisser place à Son Goku et Vegeta. Plusieurs réunions ont eu lieu depuis avril entre des représentants français, la région Île-de-France, les collectivités concernées et l’investisseur saoudien, Qiddiya Investment Company, une société liée au fonds souverain Public Investment Fund, qui investit massivement dans le tourisme et les loisirs. Le montant précis de l’opération n’est pas officiellement établi. Des sources citées par Politico évoquent toutefois un investissement susceptible de dépasser le milliard d’euros.