Pour la 23e édition de la Coupe du monde, la première finale 100 % hispanophone de l’histoire va opposer les champions du monde argentins aux champions d’Europe espagnols à partir de 19h TU, au MetLife Stadium de New York-New Jersey. L’affiche est escortée par la promesse d’un beau duel entre la froide maîtrise espagnole et la rage argentine. Au bout, une étoile qui va scintiller pour l’éternité.

Publié le : 19/07/2026 - 06:06

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On peut ne pas aimer l’équipe d’Argentine pour des tas de raisons. Cette faculté à faire déjouer l’adversaire, à flirter en permanence avec la limite, à mettre la pression par les mots et par les mauvais gestes. À jouer la brute et le truand, et laisser le bon, Messi, s’occuper du reste. Mais on ne peut nier, ni être insensible, à cette rage qui la porte depuis les matches à élimination directe. C’est une équipe qui revient d’entre les morts chaque fois qu’on pense lui avoir donné le dernier coup de pelle, qui refuse la défaite et va chercher la victoire dans les tréfonds de ses tripes.

Le calendrier de la Coupe du monde 2026
Le calendrier de la Coupe du monde 2026 © Studio graphique FMM

Les champions du monde ont particulièrement peiné durant la phase à élimination directe, que ce soit face au Cap-Vert, à l’Égypte, à la Suisse ou à l’Angleterre. Mais ces obstacles n’ont fait que renforcer leur conviction que rien ne pouvait leur arriver dans la quête de « La Cuarta Estrella » (la quatrième étoile).

À la veille de la finale, Emiliano Martínez, gardien de l’Argentine, a posé le décor en conférence de presse. À la question sur l’héritage qu'il souhaite laisser avec ses coéquipiers, il répond : « Qu'on se souvienne de nous comme de n'importe quel Argentin : que nous sommes des travailleurs, que nous n'abandonnons jamais et que, même si les choses nous coûtent, nous nous en sortons toujours, comme on le voit dans cette Coupe du monde », a-t-il déclaré.

« On n’est pas là pour prendre du plaisir »

Les Argentins ne sont pas là pour rigoler ou pour faire le spectacle : seule la gagne les intéresse. Dans un documentaire diffusé sur Canal+, l’ancien défenseur argentin Renato Civelli, passé par Marseille et Nice, confie avoir été surpris à son arrivée en France, quand tout le monde lui disait « de prendre du plaisir ». « Ça me faisait rire, se rappelle-t-il. On n’est pas là pour prendre du plaisir, on est là pour gagner et après on prend du plaisir. On va chercher là où on fait mal. »

Ce dimanche, au MetLife, ce sera donc à l’Espagne de prendre des coups, sans vaciller. Les Espagnols devront être mentalement solides, et ne pas craquer comme les Anglais, qui se sont liquéfiés après avoir ouvert le score en demi-finale face à l’Argentine. La Roja sait ce qui l’attend : un match qui ne se joue pas seulement avec les pieds, mais aussi avec les nerfs.

La Roja n’a jamais tremblé

Rodri, capitaine de la Roja, a parfaitement résumé l’état d’esprit espagnol : « Nous sommes venus pour gagner (la Coupe du monde, NDLR), nous étions convaincus que c’était possible. Nous affrontons l'adversaire le plus difficile […]. J’ai dit aux gars que nous devons avoir plus envie de gagner que peur de perdre. »

Il faut dire que la Roja n’a jamais tremblé dans cette Coupe du monde, qu’elle a traversée avec classe, talent et autorité. Elle n’a laissé qu’un seul but à l’adversaire, celui inscrit par la Belgique. Avec le recul, le Cap-Vert, qui l’a tenue en échec, est la seule équipe à avoir vraiment inquiété les Espagnols.

Cette Espagne-là s’est hissée en finale avec un jeu collectif où chacun joue sa partition. Les attaquants sont les premiers défenseurs, et ces derniers peuvent se muer en buteurs, comme le latéral droit Pedro Porro, auteur de deux buts dans cette Coupe du monde, ou en passeurs, comme Marc Cucurella (deux passes décisives). Pas besoin d’un grand buteur comme Mbappé (10 buts), Messi (8) ou Haaland (7). Juste d’un Oyarzabal (cinq buts), qui sait honorer ses rendez-vous avec l’histoire, lui qui a marqué lors des six finales qu’il a disputées en tant que professionnel. Et dire que Lamine Yamal ne s’est pas encore réveillé dans cette Coupe du monde malgré un but contre l'Arabie saoudite et un penalty provoqué en demi-finale face à la France.

Messi plus fort de Maradona ?

Dans les tribunes du MetLife Stadium, le décor sera à la hauteur de l’événement, comme le souhaitent les États-Unis, sous la bénédiction de la Fifa ; Justin Bieber, Madonna, Shakira, BTS ou encore Burna Boy seront sur la même scène, pour un concert lors d’une mi-temps qui durera plus d’un quart d’heure.

Sous les yeux du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, fervent critique de Donald Trump, l’Espagne tentera de décrocher sa deuxième étoile, après celle de 2010. L’Argentine, elle, lorgne la quatrième, après 1978, 1986 et 2022.

Au milieu de tout cela, il y a Lionel Messi. Souvent comparé à Diego Maradona, mais jamais au même niveau dans le cœur des Argentins, Messi a l’opportunité de dépasser l’icône absolue en décrochant une nouvelle Coupe du monde. Sa deuxième sur les quatre trophées que gagnerait l’Albiceleste. Ce que n’a jamais réussi El Pibe de Oro, vainqueur en 1986 et finaliste en 1990.

Si l’Argentine gagne, le débat ne sera pas clos, mais il ne sera plus le même. Le trophée, lui, restera à la maison…

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