L’association Moissons d’antan invite les amateurs de musique à se produire sur scène. Moissons d’artistes ouvre sa quatrième édition, ce dimanche 26 juillet 2026 à partir de 18 h 30 à Saint-Julien-le-Montagnier et réserve quelques surprises.

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H.D.S

Hélène Dos Santos

Créé le 26 juillet 2026 • 07:15

Mis à jour le 26 juillet 2026 • 07:15


Moissons d’artistes veut faire connaître les musiciens du territoire.
Moissons d’artistes veut faire connaître les musiciens du territoire.
DR

Embrasse-moi, idiot. Cette chanson était dans toutes les têtes au milieu des années 1980. Derrière ce succès, Laurent Bô Geste du groupe Bill Baxter. Derrière cette chanson, il y a aussi un village. « À Saint-Julien, je me sens bien. Et ça rime, s’amuse l’artiste qui n’arrête pas les allers-retours entre Marseille, Paris et le haut Var. C’est un lieu propice à la création. »

Il semblerait en effet que la muse de la musique en inspire plus d’un, à en croire la scène des Moissons d’artistes qui se tient depuis 2023, ici, au hameau Saint-Pierre. Les jeunes de l’école de musique, jusqu’à Manon Bala qui a participé à l’émission de télévision « The Voice Kid », les moins jeunes et surtout les agriculteurs montent sur les planches. Parce que Saint-Julien est une terre agricole, certes, elle est donc aussi une terre musicale. Ce côté artistique serait resté dans l’ombre, sans l’idée un peu folle au départ de Frédéric Gonçalvez, alors président de l’association Les Moissons d’antan. Son idée ? « Sortir les artistes comme on sort les outils. » Entre les deux événements, un homme donc et une série de rencontres en cascade. Et cette quatrième édition, qui a lieu ce soir à partir de 18 h 30, réserve son lot de surprises.

Manon Bala est monté sur la scène de Moissons d’artistes. Elle a aussi participé à l’émission « The Voice Kid » il y a trois ans.
Manon Bala est monté sur la scène de Moissons d’artistes. Elle a aussi participé à l’émission « The Voice Kid » il y a trois ans.
DR

À partir de 14 heures, ce dimanche, les bénévoles vont commencer l’installation et transformer le Centre intergénérationnel et de loisirs de Saint-Julien (CIL) en scène musicale. Les répétitions, les balances vont s’enchaîner toute l’après-midi. « Les préparations sont assez éprouvantes », confie Hervé Cosentino, directeur artistique de la manifestation. Il y a mille choses à faire avant l’ouverture des grilles. Le public va prendre place à partir de 18 h 30 et presque 250 repas vont être servis, si tout se passe comme l’année dernière. La soirée vient aussi, cette année, donner la note finale à la fête du village. Un grand soir en perspective.

Les Moissons d’antan se fêtent aussi en musique dans le village de Saint-Julien

« Une scène ouverte aux musiciens du coin »

À l’origine de toute cette agitation, il y a Frédéric Gonçalves, donc. Il y a plus de 20 ans — presque 30 ans à vrai dire — il a lancé Moissons d’antan, a pris la présidence de l’association aux manettes de cet événement qui fait la part belle aux paysans, à l’histoire du village, aux gestes anciens et à la mémoire. Saint-Julien est un territoire rural. Pas de doute, ça saute aux yeux. Ce qui est plus discret, en revanche, c’est son côté artistique. La face cachée que Frédéric veut faire connaître. Il sait depuis longtemps le côté pile de son village et un jour la mouche l’a piqué. Il se décide. « Et si on faisait les Moissons d’artistes comme on fait les Moissons d’antan ? » Cette question, il la pose à Hervé Cosentino. Ce n’est pas un hasard. L’homme habite Saint-Julien depuis 20 ans, il est investi, connaît tout le monde ou presque mais surtout il est musicien — pianiste, il accompagne Gilbert Montagnier, François Feldman, entre autres. Le monde de la musique, c’est son monde. Sa femme, Elisabeth, dirige l’école de musique du village Provence musique. Bref, les planètes semblent s’aligner. Pourtant, « j’y croyais pas trop au début », avoue-t-il. Mais il aime les défis et se laisse séduire par l’idée d’une scène ouverte aux musiciens du coin. « On voulait montrer qu’on peut faire de la musique dans le village », relève-t-il.

Maxime Philibert, Hervé Cosentino, Laurent Bô Geste et Frédéric Gonçalves, créateurs des Moissons d’artistes.
Maxime Philibert, Hervé Cosentino, Laurent Bô Geste et Frédéric Gonçalves, créateurs des Moissons d’artistes.
H. DS / Var-matin

En 2023, la première édition a eu lieu avec les moyens du bord. À la troisième édition, la mairie renforce son soutien avec « du matériel pro », se réjouissent les organisateurs. Signe que la manifestation a pris sa place. Elle prend même de l’ampleur. « Les élèves de l’école de musique ont joué. On s’est aperçu que les parents aussi étaient musiciens, ça a fait boule de neige. » Jusqu’à dépasser les limites de Saint-Julien. De Fox-Amphoux, de Ginasservis, les amateurs viennent se produire pour la première fois, souvent, se mesurer au public, sentir la scène.

Pour cette quatrième édition, la première partie, durera plus de deux heures. Ils seront une petite vingtaine auditionnés et programmés par Hervé Cosentino, avant de laisser la place aux professionnels pour la deuxième partie.

« Moissons d’artistes donne une dynamique au village. C’est un événement familial qui retisse les liens », ajoute Maxime Philibert, nouveau président de l’association Moissons d’antan.

Une dynamique sur laquelle les organisateurs veulent surfer. Ils voient plus grand. « On aimerait en faire un festival, glisse Hervé. On pourrait faire venir une tête d’affiche, pourquoi pas. » Tous les festivals ont commencé comme ça.

« Bien sûr, il y a des contraintes, il faudrait trouver des sponsors. Mais tout est possible. »

Une chanson pour l’occasion

Tout est possible quand on compte parmi ses habitants Laurent Bô Geste. Il a passé son enfance à Saint-Julien.

Une terre inspirante, il l’a déjà dit si bien qu’il a créé une chanson exprès pour Moissons d’artistes intitulée La chanson de Saint-Julien le Montagnier. « Je l’ai travaillée ici et je l’ai enregistrée à Paris. Ce sera peut-être le tube de l’été. » Et qui dit tube de l’été dit aussi chorégraphie. Les spectateurs ne resteront pas toute la soirée assis, promettent Laurent, Hervé, Frédéric et Maxime qui comptent réveiller et perpétuer l’âme et l’histoire musicale de Saint-Julien. « Dans les années 1960, il y avait Les Nuits de Saint-Julien, ensuite Les Nuits du haut Var et maintenant il y a Moisson d’artistes. » On récolte bien ce que l’on sème, dit-on.


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