Mandat d’arrêt, Syrie… Les relations entre Israël et la Turquie au plus mal
20 Minutes avec AFP
Publié le 22/08/2026 à 01h21 • Mis à jour le 22/08/2026 à 02h08
Les tensions entre la Turquie et Israël se sont encore accentuées après l’émission par Ankara d’un mandat d’arrêt international contre Benyamin Netanyahou. La procédure vise le Premier ministre israélien dans le cadre d’une enquête liée à l’interception de la « Flottille pour Gaza » et à la détention de ses militants. En mai, environ 430 personnes présentes à bord d’une cinquantaine de bateaux arraisonnés en Méditerranée avaient été conduites en Israël, détenues puis expulsées.
Le mandat vise également Afek Moskovitch, un officier israélien déployé à Gaza. Selon l’acte d’accusation cité par l’agence turque IHA, « Afek Moskovitch a publié sur son compte Instagram des images montrant huit chars et un bulldozer détruisant l’hôpital et la faculté de médecine de l’Université islamique de Gaza située à proximité ». Les autorités turques évoquent notamment des poursuites pour « crimes contre l’humanité, génocide, privation aggravée de liberté, "coups et blessures volontaires", torture, destruction de biens, pillage aggravé et détournement de véhicules de transport ».
Un premier mandat d’arrêt émis fin 2025
La justice turque avait déjà émis, en novembre 2025, des mandats d’arrêt pour « génocide » contre Benyamin Netanyahou et plusieurs responsables israéliens. Cette nouvelle initiative judiciaire intervient alors que les relations entre Ankara et Tel-Aviv restent très dégradées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée après l’attaque du 7 octobre 2023. La Turquie, premier pays à majorité musulmane à avoir reconnu Israël, critique régulièrement l’offensive israélienne dans le territoire palestinien.
Le bureau de Benyamin Netanyahou a réagi en qualifiant Recep Tayyip Erdogan de « dictateur antisémite qui a massacré les Kurdes, soutenu le massacre de l’organisation terroriste du Hamas, et opprime son propre peuple ». Il a ajouté qu’« Israël continuera à agir avec fermeté contre les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région ». Ankara a répondu en dénonçant « les tactiques politiques mesquines de (Benjamin) Netanyahou et de ses acolytes, qui visent à obtenir un avantage électoral », alors que des élections législatives sont prévues en octobre en Israël.
La Syrie en toile de fond
Cette confrontation intervient aussi quelques jours après des frappes contre la base militaire d’Abou Dhouhour, dans le nord-ouest de la Syrie, près de la frontière turque. Les Etats-Unis et la Syrie ont accusé Israël d’avoir mené ces bombardements. Israël, qui les a implicitement confirmés, a affirmé qu’une délégation officielle turque s’était rendue sur cette base et a averti qu’il n’accepterait pas de déploiement de troupes turques en Syrie, qu’il considérerait comme une « menace ». La Turquie a démenti toute présence militaire « avant ou pendant l’attaque ».
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Ankara a néanmoins assuré jeudi qu’elle continuerait « résolument » à défendre l’intégrité et la souveraineté de la Syrie, tout en indiquant ne pas envisager de riposte afin de ne pas tomber « dans le piège » tendu par Benyamin Netanyahou. Vendredi, le bureau du Premier ministre israélien a de nouveau accusé Recep Tayyip Erdogan de chercher « à étendre son agression contre Israël jusqu’en Syrie », avant d’affirmer : « Israël ne le tolérera pas ».