Netanyahou à l'Onu dans un climat délétère
Chauffée à blanc par la multiplication des actes de violences commis par des colons israéliens ces derniers jours, la Cisjordanie occupée est au bord de l'explosion.
Mercredi soir, le fils de l'ambassadeur israélien aux États-Unis, un soldat réserviste, a été gravement blessé dans une attaque à la voiture-bélier contre un poste de contrôle. Sur une vidéo publiée par des médias israéliens, on peut voir un véhicule accélérer en direction d'un groupe de personnes, avant de heurter l'une d'elles et de s'encastrer dans un panneau routier. Le conducteur, Mahmoud Mohammed Mahmoud Suleiman, s'extirpe alors du véhicule et commence à courir, avant d'être abattu par des soldats. Beit Ur, le village d'où est originaire l'assaillant présumé, a ensuite été totalement bouclé par Tsahal qui y a mené une série de perquisitions.
Dimanche, un colon avait déjà été tué par balles dans le centre de la Cisjordanie. Son assaillant présumé, un Palestinien, a été blessé lors de sa fuite et arrêté par les autorités israéliennes. Le même jour, des soldats avaient abattu un homme qui tentait de leur foncer dessus en voiture, selon les autorités israéliennes.
Café fermé, société fracturée… : la pression des juifs ultraorthodoxes s'invite dans la campagne israélienneNetanyahou devant l'Onu
C'est dans ce contexte que le Premier ministre israélien doit prendre la parole devant l'Assemblée générale des Nations unies ce jeudi. Benjamin Netanyahou doit y tenir un discours offensif, pourfendant une institution qu'il accuse de dénigrer son pays et dénonçant l'ennemi iranien. Annonçant la couleur, il a notamment promis de "dire la vérité" au sujet du nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, qu'il accuse de soutenir le Hamas. On s'attend également à ce qu'il fustige Emmanuel Macron qui, lors de son propre discours mardi, a erronément déclaré que "le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie". Des propos recadrés par l'Elysée.
Mercredi, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a pour sa part mis en garde contre une nouvelle crise autour de la Cisjordanie occupée où la situation des Palestiniens suscite l'indignation internationale. "La dernière chose dont Israël ou la région ont besoin, c'est une crise supplémentaire ou d'un point de friction additionnel."