Trois moutons ont été tués et deux autres blessés dans une attaque survenue dans la nuit de lundi à mardi à Massul, dans l'entité de Neufchâteau. Les cinq animaux se trouvaient dans une prairie située le long de l'E25, à environ 300 à 400 mètres des premières habitations. Les deux survivants, mordus au cou et recousus après l'attaque, devraient s'en sortir. Des agents des services compétents se sont rendus sur place afin d'examiner les blessures et les morsures et de déterminer l'origine de l'attaque. Pour André Poncelet, propriétaire du troupeau, la découverte a été particulièrement éprouvante. "J'en ai eu les larmes aux yeux, confie-t-il. J'aime bien mes bêtes, une vraie passion". La scène était d'autant plus difficile à supporter qu'il s'occupait quotidiennement de ses animaux. "Lundi, quelques heures avant le drame, j'étais encore avec eux. Cela me bouleverse vraiment." Il avait par ailleurs déjà réduit le nombre de bêtes présentes dans cette prairie, passant de douze à cinq en une dizaine de jours en raison du manque d'herbe. Les survivants, encore très nerveux après l'attaque, ont dû être récupérés avec précaution. "Ils étaient tous dans un coin de la prairie, explique-t-il. Je suis arrivé avec le seau de farine et j'ai réussi à les avoir. Ils étaient terrorisés car habituellement, ils viennent tout de suite vers moi."

Clôturer ? Un investissement trop important

Le propriétaire a depuis déplacé ses autres moutons dans une autre prairie, mais ne voit pas de solution simple pour renforcer leur protection. Ses clôtures sont conçues pour maintenir les animaux à l'intérieur, pas pour empêcher un prédateur d'entrer. "Si je dois tout clôturer pour éviter ce genre d'attaque, l'investissement sera trop important", explique-t-il. André Poncelet élève ses moutons avant tout par passion et ne tire aucun véritable revenu de cette activité. "Ça ne me rapporte certainement pas un euro, partage-t-il. Je suis pensionné et je fais ça pour passer mon temps parce que j'aime bien ces bêtes-là." Cette attaque ravive surtout chez lui une inquiétude plus large face à la répétition de ce type d'événements dans la région. Il craint désormais qu'un jour une personne soit également confrontée à un prédateur. "Ça commence à faire peur, estime-t-il. Les propriétaires d'animaux sont démunis face à ce genre d'attaque et j'espère qu'on n'attend pas un drame pour agir." Les constatations réalisées sur place devront encore permettre d'établir précisément le type de prédateur. Les résultats seront connus d'ici quelques semaines.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.