Il est 13 heures passées de quelques minutes à Levens. Sous un soleil de plomb et sur le tube de Sia, Unstoppable (en français « qu’on ne peut pas arrêter »), Éric Ciotti fend la foule pour rejoindre la scène XXL installée au milieu du Grand Pré.

Six mille personnes et de nombreux élus venus de toute la France ont fait le déplacement ce samedi 5 septembre dans cette commune de l’arrière-pays niçois pour l’écouter. Le député de la première circonscription des Alpes-Maritimes, président-fondateur de l’Union des droites pour la République (UDR) effectuait sa rentrée politique. La première en qualité de maire de Nice et président de la Métropole.

« Au moment où Nice se redresse, se relève après tant de blessures, de cicatrices, la France s’enfonce, s’abîme dans un macronisme qui n’aura que trop duré », a commencé le tribun devant un parterre de convives coiffés de chapeaux de paille.

« Dans ce redressement, Nice peut servir d’exemple, de repère et de référence à la France entière », a avancé le maire de Nice avant de dresser son bilan des cinq premiers mois de mandat.

« Mes amis, nous allons faire la preuve par Nice. Nous avions promis la baisse des impôts, nous l’avons fait. Nous avons voulu remettre immédiatement de l’ordre dans la rue. Nous avons fait revenir l’ordre dans ce quartier des Moulins qui avait été abandonné aux narcotrafiquants, nous l’avons fait à Trachel, à Vernier, nous l’avons fait avec la brigade festive sur le cours Saleya, s’est-il enorgueilli, avant de promettre : nous le ferons dans quelques jours dans le quartier de Saint-Roch ».

« Nous sommes la première grande ville de France où, l’année prochaine, toutes les écoles seront climatisées », a-t-il poursuivi, avant de revenir sur la polémique du drapeau tricolore à l’école. Mesure qu’il a voulu instaurer et qu’a interdit Édouard Geffray, « un obscur ministre de l’Éducation nationale dont j’ai oublié le nom », a raillé Éric Ciotti.

« Un pacte d’alliance avec le RN pour nous porter vers la victoire »

« Oui le macronisme est une paresse impuissante alors les amis il nous faudra ensemble redresser la France », a-t-il enchaîné. L’occasion de rappeler son alliance avec le Rassemblement national, nouée après la dissolution de 2024, alors qu’il était président des Républicains et n’avait pas consulté les cadres du parti.

« J’ai été le dernier président de la grande famille gaulliste indépendant du macronisme », s’est targué l’ancien cadre de LR. J’ai voulu cette union et je le dis avec force aujourd’hui, je soutiendrai avec loyauté, avec détermination, avec engagement la candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle ».

À la candidate RN dans la course à l’Elysée, Éric Ciotti indique avoir proposé « un pacte d’alliance pour nous porter vers la victoire ». Et de dévoiler quelques-unes de ses quinze mesures, parmi lesquelles « un grand bing bang territorial avec la fin des régions dirigées par les Muselier, Wauquiez et Pécresse ». Mais aussi l’allègement de la fiscalité des donations et des successions, la création de 20 000 places de prison supplémentaires « pour mettre fin aux réductions automatiques de peine », le rétablissement de la double peine pour les étrangers condamnés…

Eric Ciotti a fait sa rentrée politique ce samedi au Grand Pré de Levens devant 6000 personnes.

« Je souhaite apporter ma contribution au projet présidentiel »

Sur les retraites, « je l’ai dit aussi à Marine Le Pen, il faut changer de système si nous voulons que nos retraités conservent le fruit du travail de toute une vie. Je lui propose d’installer la capitalisation ».

Et qu’en pense la candidate d’extrême droite ? Interrogé à sa descente de la scène par les journalistes, Éric Ciotti a indiqué avoir échangé avec Marine Le Pen sur le sujet cette semaine. « Le projet présidentiel est d’abord le projet du candidat. Je n’ai pas la prétention de me substituer à son projet. Je souhaite apporter ma contribution pour participer à cette victoire. Et je sais qu’elle est à l’écoute ».

Et en cas de victoire de Marine Le Pen le 2 mai 2027, quelle place pour Éric Ciotti ? Quittera-t-il Nice pour un ministère ? « Je resterai à Nice, c’est une évidence pour moi », a-t-il rappelé, sans pour autant dire s’il acceptera ou refusera un poste de ministre. Ces deux fonctions, maire et ministre, ne tombent pas sous le coup de l’interdiction du cumul des mandats.