Notre Dame de la Sarte est bien arrivée à la collégiale de Huy : "Emouvant, paisible, et rassembleur au-delà des convictions"
La tradition a bien été respectée ce samedi en début de soirée à Huy: comme tous les sept ans, à l'approche du 15 août, la Vierge de la Sarte, découverte en 1621 par Anne Hardy dans un bois entourant la ville, a été amenée au cœur de la cité. Après une procession de plus de 2 heures et demi, la Vierge noire a fait son apparition dans la collégiale de Huy, magnifiquement décorée pour l'occasion. Marie restera sur les bords de Meuse durant neuf jours, ira à la rencontre des habitants des différents quartiers et des résidents des maisons de repos, avant d'être remontée dans son sanctuaire de la Sarte dimanche prochain à 21 h, à l'occasion d'une procession aux flambeaux.
À la fois acte de foi et de dévotion envers la mère de Jésus et tradition populaire transmise de génération en génération, le déplacement a été minutieusement organisé, sous un soleil de plomb.
"Les Septennales doivent parler aux croyants comme à ceux qui ne le sont pas ou plus""Nous avions prévu des centaines et centaines de petites bouteilles d'eau dans notre camionnette, et la grande majorité est partie, souriaient Marc Pepelsenaire et Michel Verstraeten, devant le Bethléem où le cortège s'est arrêté pour un moment de lecture et de recueillement. Quant à l'épaisse protection en plexiglas, nous l'avions toujours embarqué dans notre véhicule au cas où la pluie se mettrait à tomber, mais elle n'a forcément pas servi (sourire). Heureusement car cette protection alourdit sérieusement la charge des porteurs."
"Mon médecin me l'avait déconseillé, mais je tenais à porter la Vierge pour la 4e fois"
Parmi ceux-ci, Patrice Dodemont (80 ans), accompagné de son fils Stéphane, fut l'un des quatre premiers à soulever la statue lors des premiers mètres au départ de l'église de la Sarte. "Mon médecin me l'avait déconseillé, mais j'y tenais vraiment, confiait le secrétaire de la Fabrique d'église locale. J'ai beaucoup d'affection pour Notre Dame que je portais pour la 4e fois. Lorsque nous avons un souci dans la famille, nous venons la prier."

Comme tous les sept ans, la Vierge, suivie d'une cinquantaine de fidèles vêtus pour la plupart des couleurs sartoises (le bleu et le blanc), est descendue par le chemin des chapelles. Avec un arrêt à chacune d'entre elles, tandis que les porteurs se relayaient, sous le regard du curé Éric Ndeze.
"Depuis quelques jours, je constate énormément d'émotion dans le cœur de beaucoup de personnes, et je dois reconnaître que je suis ému aussi, car ce sont mes dernières Septennales." Le prêtre d'origine rwandaise quittera définitivement sa paroisse le 17 août pour rejoindre Spa.
Le curé Eric Ndeze va définitivement quitter Huy : "Je pars avec une immense gratitude"Venu exprès de la Pologne, Artur a été coupé dans son effort
Accueillie par les membres du clergé, les autorités communales et une petite centaine de personnes sur le coup de 18 h, sur la place Saint-Denis, la Vierge avait auparavant croisé… deux visiteurs très sportifs.
Venu de Leuze (Namur), pour grimper le Mur de Huy à vélo, Sébastien a été interrompu dans son effort. "C'est la première fois que je m'y essayais, j'ai bien choisi mon jour (sourire), Je reviendrai." Pas sûr qu'Artur, lui, enfourchera à nouveau sa bécane un jour à Huy. "Je suis venu exprès de Pologne en voiture ce matin, rien que pour grimper le Mur de Huy, souriait le trentenaire de la région de Poznan. Je possède un livre à la maison consacré à cinquante ascensions du World Tour et j'essaye d'en grimper un maximum. Évidemment, je ne savais pas qu'il y avait cette procession…"

Emmené par Stéphane, Benoît, Yvan et Yvon, quatre sonneurs de trompe de chasse des "Échos de la Solières", le cortège a ensuite descendu la rue du Marché, avant de s'arrêter dans la cour de l'école Saint-Louis et dans celle du CHRH. Sur la grand-place, il a été accueilli par les nombreux clients attablés aux terrasses. "Je sais que vous êtes habitués à fréquenter ces lieux, mais cette fois, on ne s'arrête pas, hein !", glissait alors malicieusement Jean-Paul Boer, chargé de l'encadrement, à l'attention de la douzaine de scouts qui portaient les bannières.

Une demi-heure plus tard, Marie faisait son entrée dans la collégiale. Entre 200 et 250 personnes participaient alors à l'office ouvert par le vicaire général Éric de Beukelaer.
"Même si nous ne sommes pas croyants et que nous ne savions pas où nous mettions les pieds, nous avons trouvé cet événement émouvant, paisible et rassembleur au-delà des convictions religieuses", commentaient Florence et Vincent, venus de Fallais. Reviendront-ils dans sept ans ? C'est moins probable que la petite Adela (1 an), aperçue dans les bras de sa maman Philippine, sur le parvis de l'église de la Sarte."Je suis Hutois, mais je n'avais jamais assisté à la descente de la Vierge, confiait son papa Lirim. Nouveaux habitants de la Sarte, nous nous devions d'être là. Et même si je suis de confession musulmane, je suis très ouvert, et c'est certain que nous reviendrons tous les sept ans."
Pour perpétuer une tradition vieille de 370 ans.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.