Une carte publiée par Donald Trump sur Truth Social, plaçant l’Islande sous drapeau américain, provoque une crise diplomatique. Reykjavik a convoqué l’ambassadeur Billy Long, jugeant la publication "tout à fait inappropriée".

L’Islande a convoqué ce mardi 8 septembre 2026 l’ambassadeur américain Billy Long, après que Donald Trump a publié sur Truth Social une carte plaçant l’île sous drapeau américain.

Donald Trump a diffusé, sans commentaire, une carte représentant les États-Unis, le Canada, le Groenland, l’Islande, le Mexique, l’Amérique centrale et les Caraïbes recouverts du drapeau étoilé, avec la mention "United States of America". Reykjavik a jugé la publication "tout à fait inappropriée" et a convoqué l’ambassadeur pour protester, rapporte Reuters.

Toute l’Amérique du Nord placée sous drapeau US.
Toute l’Amérique du Nord placée sous drapeau US. Donald Trump

La carte ne comportait aucun texte d’accompagnement ni justification officielle. Plusieurs médias relèvent que l’image présente les traits d’un visuel généré par intelligence artificielle, sans confirmation de la Maison-Blanche.

Selon Arctic Today, c’est la première fois que l’Islande apparaît sur ce type de carte diffusée par l’entourage présidentiel, des versions précédentes ayant surtout ciblé le Groenland, le Canada et le Venezuela, dans le prolongement des déclarations répétées de Trump sur ces territoires.

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Reykjavik convoque l’ambassadeur Billy Long

La ministre islandaise des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a convoqué Long, entré en fonction le mois dernier. Le ministère a déclaré à RÚV : "Nous avons clairement fait savoir que cette publication était tout à fait inappropriée".

L’épisode ravive une controverse : en janvier, avant sa confirmation par le Sénat, Long avait plaisanté devant la Chambre des représentants sur l’idée de faire de l’Islande le "52e État" américain, dont il aurait été le gouverneur. Il s’était excusé deux jours plus tard, une pétition demandant son refus ayant recueilli plus de 5 000 signatures.

Le département d’État, les ambassades américaines à Copenhague et Reykjavik, ainsi que le consulat de Nuuk n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Le Groenland, point de friction persistant avec l’Europe

Les propos répétés de Trump évoquant une acquisition du Groenland, territoire danois semi-autonome, alimentent depuis le début de l’année des tensions entre Washington et Copenhague, deux membres fondateurs de l’OTAN.

Fin août, l’Islande avait voté contre la reprise des négociations d’adhésion à l’UE. Ironie du calendrier : les partisans de cette ouverture invoquaient justement la fiabilité déclinante des États-Unis pour justifier un rapprochement avec Bruxelles, un argument que la publication de Trump semble aujourd’hui confirmer a posteriori.

La publication est intervenue quelques heures après l’annonce, par la Commission européenne, d’un investissement de 200 millions d’euros au Groenland, lors d’une visite de sa présidente Ursula von der Leyen à Nuuk.

Face à cette nouvelle provocation symbolique, Copenhague n’a pas tardé à réagir. À Nuuk, auprès de l’agence danoise Ritzau, la Première ministre Mette Frederiksen a rappelé la position constante du territoire : "Le gouvernement et le peuple groenlandais ont répété à maintes reprises qu’ils ne voulaient pas devenir américains", a-t-elle déclaré, ajoutant : "J’espère que personne n’en doute, ni aux États-Unis ni dans le reste du monde".

La Maison-Blanche n’a fourni, à ce stade, aucune explication publique sur l’objet ou l’intention de cette carte.