Depuis l’arrivée de cet homme au domicile familial, le garçonnet vivrait un calvaire.

Le drame qui se joue actuellement pour le petit Léo (prénom d’emprunt), 8 ans, se déroule à Nîmes, dans une immense résidence gérée par le bailleur social Grand Delta habitat du Gard. Et comble du cynisme, dans un appartement donnant quasiment sur le commissariat central !

Dans ce logement modeste, où il réside avec sa mère, toxicomane, son nouveau beau-père et sa demi-sœur de 8 mois, le petit Léo vit, selon les riverains, un véritable calvaire. Souffre-douleur de son beau-père, le garçonnet serait enfermé en continu dans une chambre surchauffée, sans nourriture ni eau pour survivre.

Un constat partagé tout particulièrement par les habitants de l’immeuble, qui, face à ce scandale, s’organisent depuis plusieurs semaines pour lui venir en aide.

Punitions violentes ou humiliantes

"Dès son arrivée, le nouveau compagnon de sa mère a fait de Léo un véritable bouc émissaire. Les premières semaines, le petit sortait encore mais de moins en moins… Puis, simplement pour jeter les poubelles ou porter à lui seul des sacs de courses bien trop lourds pour lui !", se souvient une mère de famille. "Avant son arrivée l’enfant jouait souvent avec les autres en bas de l’immeuble. Avant que cet homme du jour au lendemain le lui interdise", raconte une autre qui a déjà effectué un signalement auprès des services sociaux, s’agissant du calvaire du petit Leo.

Les habitantes de l’immeuble à l’origine de cette chaîne de solidarité espèrent que les autorités agiront avant qu’il ne soit trop tard.
Les habitantes de l’immeuble à l’origine de cette chaîne de solidarité espèrent que les autorités agiront avant qu’il ne soit trop tard. Midi Libre - C.S.

"Un soir, sûrement après une banale bêtise, j’avais en effet aperçu cet homme hurler sur son beau-fils. Puis lui demander de se mettre à genoux à ses pieds pour s’excuser. Apeuré, terrorisé, le petit en sanglots s’était tout de suite exécuté", raconte cette femme. " Un autre jour, où cet homme reprochait à sa compagne son supposé "laxisme" avec son fils, il lui a suggéré de le laisser faire. Lui indiquant qu’au prochain écart de conduite du petit, il plongerait les mains de l’enfant dans l’eau bouillante ", poursuit-elle.

Des sandwiches, de l’eau et même un doudou passé par la fenêtre

Voilà plusieurs semaines que Morgane Soyer, 30 ans, qui réside seule avec sa fille dans le logement au-dessus de celui de Leo lui adresse discrètement, à l’aide d’une corde et par la façade de l’immeuble, de quoi survivre. "De l’eau, des sandwiches au thon et aux œufs. Parfois au jambon avec du beurre", détaille la douce agent d’entretien aux revenus modestes. "Chacune des journées de Leo se déroule sur le même modèle : enfermé tout seul, les volets fermés. Au coucher du soleil, il les ouvre. Pour respirer et regarder dehors. C’est à ces moments-là qu’on peut l’apercevoir, le visage blafard, triste et qui s’amaigrit au fil du temps", se désole-t-elle.

"C’est d’ailleurs l’un de ces soirs, alors qu’il discutait avec ma fille de 11 ans, chacun à sa fenêtre, que Leo a fini par oser nous demander à manger et à boire !", poursuit Morgane. "Dimanche, ma fille lui a aussi fait descendre un doudou à sa demande, car il n’arrivait pas à s’endormir. Certainement à cause de la chaleur. Et de la peur".

Le placement provisoire de l’enfant ordonné

Voisine de Léo, Tiffany R. achète elle aussi des victuailles pour le petit "afin qu’il reste en vie". "La justice mais aussi la police déjà intervenue au domicile, sont au courant des défaillances éducatives que Leo subit désormais depuis 2 ans. Et pour autant, en dépit d’une ordonnance du juge des enfants de Nîmes ordonnant son placement provisoire auprès de l’aide sociale à l’enfance, il est maintenu à son domicile, dans cette famille toxique !", dénonce cette autre voisine qui est aussi mère de famille.

"On attend quoi là, qu’il meure de chaud, sous les coups de son beau-père ou bien qu’il se suicide ?", interroge à nouveau Morgane Soyer. "À croire, renchérissent les deux femmes, en cœur, que pour certains, l’affaire Lyhanna n’aura vraiment pas suffi."