« On va continuer le combat jusqu’à ce qu’ils reconsidèrent la situation » : après la vente de SFR à ses concurrents, les salariés appelés à la grève ce jeudi dans toute la France
La grogne monte dans la téléphonie française.
Ce jeudi 24 septembre 2026, les salariés du groupe Altice France, maison mère de l’opérateur SFR qui va être vendu à ses concurrents, sont appelés à la grève dans l’après-midi pour défendre leurs emplois à l’heure où s’annonce une refonte majeure du secteur.
Pour Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT interrogé par l’AFP, l’action doit agir comme un « coup de semonce » adressé aux trois acheteurs Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange, et à Altice France.
L’ampleur du mouvement reste incertaine à ce stade.
« Nous avons déjà répertorié des boutiques qui devraient être fermées », a assuré à l’AFP Hakim Goudjil, secrétaire du CSE de SFR Distribution et délégué syndical Unsa.
Depuis la signature du protocole d’accord, les syndicats de l’opérateur au carré rouge sont entrés en discussions avec les trois membres du consortium d’acheteurs pour évoquer le sort des salariés inclus dans le périmètre du rachat.
Environ 2.500 salariés transférés vers les trois acheteurs
Mais les négociations n’ont jusque-là pas satisfait les représentants du personnel, qui ont eu lundi soir une nouvelle réunion avec les acheteurs.
Selon les mesures proposées, environ 2.500 salariés devraient être transférés dès la vente chez les trois acheteurs, dont 2.300 chez Bouygues Telecom.
A cela s’ajouteront les salariés de 120 boutiques, qui doivent être également repris, sans que les magasins en question n’aient encore été désignés.
Pour les autres salariés, une offre de reprise par employé a été évoquée, mais la mesure est jugée insuffisante par les syndicats, qui demandent trois propositions par personne.
« On va continuer le combat jusqu’à ce qu’ils reconsidèrent la situation », a prévenu Abdelkader Choukrane, élu au CSE et secrétaire général Unsa, alors que deux nouvelles réunions sont prévues dans les prochains jours.
Dans une réponse transmise à l’AFP, le consortium assure vouloir « préserver l’emploi ».
« Ce projet apporte une solution d’emploi à chacun des 8.000 salariés du périmètre repris : sur la base de notre proposition, environ 5.000 pourront rejoindre les trois opérateurs au lendemain de l’opération et 3.000 poursuivront leur activité chez SFR pour conduire la migration sur plusieurs années », ont assuré les potentiels acheteurs.
« On a été surpris par le climat social pré-existant », a commenté sous couvert d’anonymat une source proche des négociations, assurant qu’il n’y a « aucun agenda caché » concernant l’avenir des salariés de SFR.
Avant de se rendre sur les piquets de grève, les syndicats seront ce jeudi matin devant le tribunal judiciaire de Paris, qui doit examiner leur recours en référé contre les acheteurs et contre Altice France, pour tenter d’obtenir davantage de documents sur le projet de cession.
Le CSE de SFR, qui a engagé cette procédure, a aussi assigné les quatre opérateurs au fond. Les audiences doivent se tenir début décembre.