Selon la psychologie, si certaines personnes vérifient à deux reprises qu'elles ont bien fermé la porte, ce n'est pas par étourderie : leur cerveau traite les conséquences de manière plus approfondie.
Des études en psychologie cognitive ont révélé pourquoi certaines personnes sont victimes de "vérification compulsive".
C’est une habitude qui a peut-être tendance à irriter vos proches. En effet, ils se demandent bien pourquoi vous avez besoin de vérifier par deux fois si vous avez bien fermé votre porte. Des experts en psychologie se sont penchés sur ce comportement. Et ils ont donné une explication à ce qui s’apparente souvent à de l’étourderie.
L’étourderie est le fait de manquer, par moments, d’attention. Elle peut conduire à oublier quelque chose, à faire une petite erreur ou même à agir sans avoir suffisamment réfléchi. Elle est généralement liée à la distraction, à la fatigue, au stress ou au fait de penser à plusieurs choses en même temps. En revanche une personne étourdie peut avoir une très bonne mémoire. En fait, le problème survient souvent lorsque l’information doit être enregistrée ou quand l’attention doit être portée sur une action.
Des experts en psychologie se sont penchés sur ceux qui vérifient plusieurs fois s’ils ont fermé leur porte
Le fait de vérifier systématiquement si vous avez bien fermé votre porte ou éteint votre gazinière est un processus différent de l’étourderie, comme l’ont révélé diverses études en psychologie cognitive et en neurosciences. En effet, que ceux qui agissent régulièrement ainsi se rassurent, « leur mémoire n’est pas plus mauvaise que celle des autres. », a affirmé le site Ok Diario qui a consacré un article au sujet.
« Ce qui diffère, c’est la façon dont leur cerveau traite les conséquences d’une erreur potentielle », ont expliqué nos confrères. Et pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil à l’expérience menée par Yigal Agam et son équipe, dont les résultats ont été publiés dans la revue NeuroImage: Clinical.

© Shutterstock Pour les experts, c’est un problème de confiance envers la mémoire.
Selon la psychologie, il s’agit d’un manque de confiance envers la mémoire
Le chercheur a ainsi comparé deux groupes d’une vingtaine de personnes. Le premier avait une tendance à la vérification compulsive et le deuxième avait un comportement « normal ». L’ensemble des participants a été soumis à un examen complet à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle et de l’électroencéphalographie. Et le constat est sans appel avec un schéma qui se reproduit chez les personnes qui ont une plus grande tendance à la vérification.
Ainsi ce groupe a « montré une activation distincte du cortex cingulaire antérieur, la zone qui évalue les erreurs et leurs conséquences, immédiatement après l’échec. Plus cette activation était importante après l’erreur, plus les compulsions de vérification étaient intenses. », a résumé Ok Diario. Cette activité plus importante au niveau de certaines zones du cerveau est en fait due à ce que les scientifiques ont appelé « la méfiance envers la mémoire ».

© Shutterstock Plus les participants ont répété l’action, moins ils étaient sûrs d’eux.
Les souvenirs ne sont pas moins bons, affirment les chercheurs en psychologie
C’est le nom donné par Marcel van den Hout et Merel Kindt dans une étude publiée dans Behaviour Research and Therapy à ce qui est un manque de confiance de certains envers leur propre mémoire. Durant leurs travaux, ils ont découvert que les souvenirs de ceux qui présentent ce genre d’habitude ne sont pas moins bons. Simplement, il leur arrive d’en douter.
D’ailleurs, il semble que plus vous allez vérifier, moins vous allez être sûr de vous. C’est ce que les experts en psychologie ont constaté après avoir demandé aux participants d’une expérience d’éteindre une cuisinière à gaz plusieurs fois d’affilée. « Plus ils répétaient l’action, moins le souvenir était vif et précis », souligne Ok Diario.
En bref
- 🔍 Une équipe de chercheurs a étudié pourquoi certaines personnes vérifient plusieurs fois si elles ont fermé leur porte.
- 🧠 Cette vérification répétée n'est pas due à une mauvaise mémoire, mais à une façon différente de traiter les conséquences d'une erreur.
- 🔑 Les chercheurs ont découvert que plus on vérifie, moins le souvenir est précis, ce qui alimente la méfiance envers sa propre mémoire.