Le tribunal judiciaire de Dunkerque (Illustration)

Le tribunal judiciaire de Dunkerque (Illustration) - Google Street View

Lundi 31 août, une centaine de personnes manifestaient devant le tribunal judiciaire de Dunkerque pour réclamer la restitution des corps de deux personnes mortes lors d'une tentative de traversée de la Manche.

Une centaine de personnes se sont réunies lundi 31 août devant le palais de justice de Dunkerque (Nord) pour demander la restitution à leurs familles des corps d'un Afghan et d'un Soudanais décédés lors d'une tentative de traversée clandestine de la Manche en avril.

"Nous avons fourni tous les détails nécessaires à la gendarmerie maritime, au juge", assure Ivnit Singh, cousin de l'un des deux migrants décédés, Jasmeet Wadhwa, un Afghan de 32 ans. "On veut juste organiser des funérailles", lâche au micro, lors de la mobilisation, le cousin de Nagmeldin Adam, un Soudanais disparu depuis avril.

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Pour les deux hommes, il ne fait aucun doute que leurs cousins sont décédés le 1er avril au large de Gravelines, à quelques kilomètres de Dunkerque. Ce jour-là, deux candidats à l'exil sont morts lors d'une tentative de traversée de la Manche à bord d'une embarcation de fortune. Il s'agissait des deux premiers décès de migrants dans la Manche en 2026. Depuis, quatre autres exilés sont décédés lors de tentatives de traversée.

"C'est inexplicable"

Dans les jours suivant ce drame, le cousin de Nagmeldin Adam a fourni aux enquêteurs le récépissé de demande d'asile de son cousin, son passeport et une photographie prise de son vivant. La mère de Jasmeet Wadhwa, présente lors de la traversée fatale, a quant à elle transmis aux enquêteurs ses documents d'identité et s'est soumise à un prélèvement d'ADN.

"Cinq mois pour des personnes dont les documents ont été présentés dès les jours consécutifs au décès, c'est inexplicable", souffle Claude, militante associative qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Sollicitée, la procureure de Dunkerque, Charlotte Huet, explique pour sa part que "le travail de police technique et scientifique, afin de comparer les profils ADN, est toujours en cours, de prochaines échéances opérationnelles à ce sujet étant fixées dans les prochains jours". Elle assure que "l'autorité judiciaire est parfaitement consciente de l'importance de procéder le plus rapidement possible à cette identification".

La famille de Jasmeet Wadhwa, de confession sikh, espère pouvoir rapidement récupérer son corps pour procéder à sa crémation. Dans cette religion, "donner les 'rites finaux' est un devoir. Mon cousin a été privé de ces rites finaux, c'est un péché", martèle Ivnit Singh.

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