Photos, propos "inadaptés" : à la crèche du CHU de Toulouse Rangueil, six professionnelles suspendues après la diffusion de contenus déplacés sur un groupe WhatsApp
l'essentiel "La Dépêche" a été saisie par des parents de très jeunes enfants, choqués par les informations données par la direction de la crèche du CHU Rangueil. Le CHU de Toulouse confirme avoir ouvert une enquête administrative après la découverte de messages, photos et vidéos "inadaptés au cadre professionnel" dans un groupe de discussion réunissant des agentes de la crèche de Rangueil. Six professionnelles ont été suspendues. Des parents réclament encore des éclaircissements.
"Tant qu’on n’a pas les preuves, on ne sait pas ce qui s’est réellement passé." Parent d’un bébé de dix mois accueilli à la crèche hospitalière de Rangueil, cet agent du CHU souhaite conserver l'anonymat. Comme plusieurs familles, il cherche à mesurer la portée des échanges découverts dans un groupe WhatsApp réunissant des professionnelles de la section des plus petits.
Sollicité par "La Dépêche", le CHU de Toulouse confirme qu’un signalement a été effectué auprès de la hiérarchie le 26 août. Des "messages, photographies et vidéos inadaptés au cadre professionnel, sans caractère sexuel", ont alors été portés à la connaissance de la direction, affirme le CHU.
Une enquête administrative a été ouverte le 1er septembre afin d’établir "précisément la nature et les circonstances" des faits. Le CHU fait état de "six professionnelles" suspendues à titre conservatoire, et non huit comme cela avait initialement été indiqué à plusieurs parents et à leur avocate. Des procédures disciplinaires individuelles pourront être engagées selon les conclusions de l’enquête.
La section des enfants de 2 mois et demi à 18 mois est concernée
Les faits concernent la section "Les Oisillons" de la crèche, qui accueille les enfants âgés de 2 mois et demi à 18 mois. "C’était tout le groupe qui s’occupait des plus petits", témoigne le parent. Lors de son entretien avec la direction, il dit avoir été informé de "propos inappropriés envers les enfants, les parents et/ou la direction".
"On nous a dit qu’il ne s’agissait pas de photos à caractère sexuel, mais plutôt de choses moqueuses", précise-t-il. Son enfant ne figurerait pas parmi ceux directement concernés. Une réponse qui ne dissipe pas toutes ses inquiétudes : "Comment puis-je le savoir tant que je n’ai pas le résultat de l’enquête ?"
Le CHU assure avoir informé "dès le 1er septembre" tous les parents dont les enfants ont fréquenté cette section depuis le premier semestre 2026. Des entretiens individuels ont été proposés dès le lendemain. "À ce jour, 24 familles ont été reçues par la direction de la crèche et les ressources humaines", indique encore le CHU. Selon l’établissement, les familles des enfants directement concernés ont pu consulter les éléments visés par l’enquête.
Des remplaçantes recrutées
La crèche est restée ouverte malgré les suspensions. "Cela a surtout désorganisé les équipes, mais il n’y a pas eu de fermeture", confirme le parent. Le CHU indique avoir recruté du personnel de remplacement afin de maintenir les ratios réglementaires d’encadrement. Les faits ont également été signalés aux services de la Protection maternelle et infantile du conseil départemental.
Un enfant a été retiré de la crèche
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Plus de 130 enfants fréquentent la crèche du CHU Rangueil, dotée de 100 berceaux et ouverte du lundi au vendredi, de 6 h 30 à 21 h 30. Près de 40 agents y travaillent. Selon le CHU, une seule famille a retiré son enfant de l’établissement ; celui-ci n’était pas accueilli dans la section des Oisillons.
Plusieurs parents se sont rapprochés d'avocats, dont Me Morgane Soullard et envisagent une action en justice. Le père interrogé n’a pas encore pris sa décision : "On est en stand-by. Je vais y réfléchir et j’attends les réponses à mon mail." Le CHU promet, de son côté, de prendre les "mesures nécessaires" à l’issue de l’enquête administrative.