L'émissaire spécial des États-Unis pour le Proche-Orient, Jared Kushner, s'est rendu dimanche 16 août en Égypte où il a rencontré différents médiateurs et une délégation du Hamas dans le but de pousser pour la mise en œuvre du plan de paix à Gaza voulu par Donald Trump. Ce voyage diplomatique intervient à la veille d'un déplacement de l'envoyé américain en Israël alors que Tel Aviv poursuit ses opérations militaires dans l'enclave palestinienne.

Publié le : 17/08/2026 - 00:14Modifié le : 17/08/2026 - 01:28

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Tour de chauffe. Avant de se rendre en Israël lundi 17 août, le gendre et émissaire de Donald Trump pour le Proche-Orient, Jared Kushner, a été reçu ce dimanche en Égypte pour soutenir le plan de paix à Gaza mis sur pied par le locataire de la Maison Blanche.

Annoncé en septembre 2025, ce projet prévoit le désarmement du Hamas, le retrait israélien et la gestion de Gaza par une commission de technocrates palestiniens pour commencer la reconstruction du territoire dévasté par la guerre entamée par Israël après l'attaque terroriste du Hamas le 7 octobre 2023. Depuis le début de la guerre, plus de 70 000 Gazaouis sont morts en moins de trois ans.

Mais l'accord butte toujours sur ses modalités d’application. Il n'a toujours pas été accepté par Israël, qui exige un désarmement « véritable » du Hamas.

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Respecter l'accord de Charm el-Cheikh

À El-Alamein, à l'ouest du Caire, Jared Kushner a d'abord rencontré le président égyptien, Abdel Fattah al Sissi, avec lequel il a convenu que « toutes les parties » devaient respecter leurs engagements conformément à l'accord de Charm el-Cheikh où le plan pour la paix a été officialisé l'année dernière rapporte notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti.

L'envoyé spécial des États-Unis a ensuite rencontré des responsables des pays médiateurs : l'Égypte, le Qatar et la Turquie, ainsi que Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza du Conseil de paix, un organe créé par Donald Trump pour mettre en œuvre son programme de paix.

Rencontre avec le Hamas

Enfin, l'émissaire américain s'est entretenu avec des dirigeants du Hamas. Le mouvement islamiste, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé en juillet dernier dissoudre son administration civile dans l'objectif de transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG). Mis sur pied par le Conseil de paix, cet organe est composé de technocrates palestiniens et doit assurer la transition politique dans l'enclave palestinienne.

Selon des sources du Hamas, explique Alexandre Buccianti, Jared Kushner s’est engagé à ce que le retrait israélien soit concomitant avec le désarmement du mouvement. Il a toutefois rejeté la proposition du Hamas de remettre leurs armes dans des dépôts au sein même de Gaza, précisant que les armes déposées devaient sortir de l'enclave.

À l'issue de cette réunion, le Hamas a souligné avoir appelé « les médiateurs et le Conseil de paix à assumer leurs responsabilités et à contraindre l'occupation [Israël, NDLR] à approuver la feuille de route » américaine.

Pendant des années, les États-Unis ont refusé tout contact avec le groupe armé palestinien, qui figure parmi la liste des organisations terroristes islamiste dressée par Washington. Mais afin de mettre fin à ce conflit dévastateur, l'administration Trump s'est montrée plus ouverte à des contacts directs.

« Discours diamétralement opposés »

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

« Le Hamas et Israël tiennent des discours diamétralement opposés », explique Khaled Elgindy, spécialiste du Moyen-Orient et analyste au Quincy Institute à Washington, au micro de Frédérique Misslin. « Le Hamas affirme qu’il ne désarmera que dans le cadre d’un retrait israélien de la bande de Gaza. Dans le même temps, Israël affirme le contraire, à savoir qu'il ne se retirera pas et ne prendra aucune mesure tant que le Hamas n’aura pas été complètement désarmé ». Une impasse dont il semble difficile de s'extraire, en partie en raison du calendrier électoral israélien.

Le spécialiste juge que « le rejet de la feuille de route par Benyamin Netanyahu est étroitement lié aux élections » qui auront lieu le 27 octobre et pour lesquelles le Premier ministre israélien et son parti, le Likoud, sont à la peine dans les sondages. « Netanyahu estime que tout signe de compromis ou de modération lui sera reproché par les extrémistes de sa coalition. Il a besoin d’eux pour rester au pouvoir. Ils ne veulent voir aucun progrès concernant le cessez-le-feu », développe Khaled Elgindy.

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