Le dossier du pont Belle-Vue, à Ville-Pommerœul, continue d'animer les débats au Parlement wallon. Cette semaine, deux séquences parlementaires ont confirmé que le dossier restait ouvert. D'une part, les auteurs de la pétition citoyenne seront auditionnés en octobre. D'autre part, le ministre wallon des Infrastructures, François Desquesnes (Les Engagés), a laissé entrevoir qu'une alternative à la reconstruction initialement abandonnée était toujours à l'étude.

Lancée par une citoyenne de Bernissart, la pétition a recueilli 1 602 signatures, dont plus d'un millier ont été validées. Ce soutien permettra à ses auteurs d'être entendus par les députés wallons le 13 octobre prochain.

Le ministre Desquesnes condamne toute alternative au pont Belle-Vue : "C'est inacceptable", réagit Eric Thiébaut

Lors de l'annonce de cette audition, plusieurs parlementaires ont rappelé les difficultés rencontrées depuis la fermeture du pont en 2019. "Son absence oblige les habitants à faire de grands détours, parfois jusqu'à 40 kilomètres par jour. Cela veut dire plus de carburant, plus de temps perdu, plus de difficultés pour aller travailler, conduire les enfants à l'école, aller dans les commerces ou rendre visite à sa famille", a notamment souligné le député PTB Germain Mugemangango.

Le socialiste Bruno Lefèbvre, qui interpelle régulièrement le ministre sur ce dossier, a lui aussi plaidé pour une solution plus pragmatique. "Les habitants ne demandent pas un pont à 7 millions d'euros. Ils demandent simplement un pont pour les habitants du village pour que ce village ne soit plus coupé en deux. " Il a également insisté sur les conséquences pour les commerces locaux et sur les difficultés potentielles pour les services de secours si le second accès au village devait lui aussi être indisponible.

Bruno Lefèbvre est revenu à la charge lors d'une question orale adressée au ministre. Il s'est notamment interrogé sur les alternatives étudiées avant d'abandonner le projet initial. "Le SPW MI confirme un allongement de certains parcours, mais montre également que les principaux besoins de proximité peuvent être rencontrés par les pôles voisins, notamment Harchies et Hautrage. C'est la raison pour laquelle il n'est pas préconisé de reconstruire l'ouvrage routier initial", a répliqué le ministre Desquesnes.

Toutefois, plusieurs pistes restent sur la table. Une passerelle réservée aux piétons et aux cyclistes est toujours étudiée. Surtout, le ministre a révélé que "l'hypothèse d'un ouvrage routier plus limité, à vocation locale, fait également l'objet d'une attention du SPW MI. À ce stade, les éléments disponibles ne permettent pas d'en confirmer la faisabilité technique ni le coût réel". François Desquesnes a donc chargé son administration de poursuivre ses investigations, tranchant avec les précédentes considérations qui condamnaient toute alternative routière, faute de moyens.

En réplique, Bruno Lefèbvre s'est montré prudemment satisfait de cette ouverture. "On ne peut pas simplement supprimer ce projet et dire qu'ils n'ont qu'à tirer leur plan. Ce n'est pas aujourd'hui quelque chose d'acceptable", estime le député socialiste.

L'audition des pétitionnaires, prévue le 13 octobre, permettra aux habitants de défendre directement leur dossier devant les parlementaires. D'ici là, l'administration poursuivra ses analyses afin de déterminer si un ouvrage routier plus modeste peut constituer une alternative réaliste au projet abandonné.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.