PORTRAIT. "Défendre avant tout" : ceinture noire de judo, qui est Fabien Peronnet, 28 ans, l'un des six nouveaux avocats de Montauban ?
l'essentiel
C'est l'un des six nouveaux avocats de l'ordre des avocats de Tarn-et-Garonne. Il a 28 ans, une ceinture noire de judo et une idée fixe depuis l'adolescence : "défendre, peu importe qui". Fabien Peronnet, originaire d'Albi, dans le Tarn, a intégré le cabinet montalbanais Egea-Lévi, où il a repris le pôle pénal laissé vacant depuis le départ de Me Marie-Lou Barthe.
Le regard franc, un demi-sourire rassurant, les bras croisés : sur le perron du cabinet qui lui a donné sa chance, Fabien Peronnet a déjà la posture de celui qui aborde sa carrière avec dynamisme. Sous la veste de costume gris chiné et la barbe soignée, l'histoire a pourtant commencé bien avant la robe — par un livre. Adolescent, il lit L'Exécution, de Robert Badinter, et la vocation prend racine. « Je n'ai jamais aimé l'effet de meute », dit-il pour expliquer ce basculement précoce vers le droit et, plus précisément, vers la défense.
Un parcours tracé depuis le lycée
Le bac en poche en 2016, le jeune Tarnais enchaîne directement sur des études de droit à Toulouse, où il vit depuis lors. Master 1 et 2 en droit pénal et sciences criminelles, et pénal des affaires : la trajectoire ne dévie jamais du pénal. Entre-temps, les stages s'enchaînent. Un premier chez le bâtonnier Hervé Fournié, à Albi. Plusieurs autres ensuite, notamment chez le Montalbanais Jérémie Glories. Le dernier, chez le pénaliste toulousain Jacques Lévy.
L'examen d'accès à l'école des avocats tombe en 2023. Le stage final, celui d'élève avocat, se déroule de mars à août 2025, toujours chez Me Lévy, où faute de place, il ne peut enchaîner. C'est une annonce du barreau de Tarn-et-Garonne qui le ramène à Montauban, au sein du cabinet Egéa - Lévi depuis octobre 2025.
Le pôle pénal du cabinet
Dans un premier temps, Fabien Peronnet a surtout exercé en droit civil. Mais l'organisation du cabinet change : Me Marie-Lou Barthe a décidé de le quitter cet été, et c'est lui qui a pris le relais sur le pôle pénal, sa matière de prédilection.
Ce qui le porte dans ce métier, il le formule sans détour, en convoquant à nouveau la référence qui a tout déclenché : " Ce qui me plaît, c'est défendre. Défendre avant tout. " Peu importe la personne qu'on défend, disait Badinter — une phrase qu'il a faite sienne. Il insiste aussi sur l'autre versant du métier, moins souvent mis en avant : plaider pour les parties civiles, défendre leurs intérêts face aux préjudices qu'elles ont subis, autant que " plaider le vent de face " aux côtés d'un prévenu ou d'un accusé.
Hors du prétoire, il y a quinze ans de judo, pratiqués entre Gaillac et Albi, jusqu'à la ceinture noire. Il a depuis basculé vers le tennis. De l'un comme de l'autre, il retient les mêmes valeurs : persévérance, abnégation, dépassement de soi — des valeurs qui transparaissent, jusque dans sa manière de se tenir, aujourd'hui, devant l'objectif.
Le droit, chez les Peronnet, n'est pas tout à fait un hasard : son frère et son père sont juristes en entreprise. Les échanges avec eux, au moment de se lancer dans ces études, ont compté. Sa mère, elle, n'est pas du métier, mais il tient à le préciser : « Elle a joué un rôle important dans mon parcours. »
Fabien Peronnet ne rejoint pas seul le barreau du Tarn-et-Garonne. Il fait partie de la promotion 2025 des six avocats qui ont tout juste prêté serment, aux côtés de Mustapha Drissi, Manon Dumas, Loïc Gressin, Morgane Viana et Marine Vivancos.