Life 21/09/2026 19:25

Cuisiner et déguster chacun son propre repas est une habitude qui, selon leurs adeptes, permet de limiter certaines frustrations.

Dans certains couples, chaque membre prépare et mange son propre repas (photo d’illustration).

AzmanL / Getty Images

Dans certains couples, chaque membre prépare et mange son propre repas (photo d’illustration).

EN BREF
Certains couples choisissent d’éviter les conflits liés à la préparation des repas, chacun cuisinant pour soi-même.
Cette pratique permet de respecter les goûts et régimes alimentaires individuels, réduisant ainsi la charge mentale souvent supportée par les femmes.
Bien que cela évite des tensions immédiates, des études montrent que partager des repas améliore la satisfaction de vie à long terme.

L’IA au HuffPost.

C’est l’un des aspects les plus cruciaux de la vie de couple… et parfois une source de tensions. Le repas et sa préparation génèrent parfois des conflits, au point que certains couples choisissent de faire « assiette à part ». Pour satisfaire ses propres goûts ou son régime alimentaire, chacun prépare et déguste son déjeuner ou dîner, évitant par la même occasion que la même personne – la plupart du temps la femme dans le cas d’un couple hétéro – soit toujours préposée au choix des menus, à l’élaboration de la liste de courses et à la cuisine.

« Je ne mange jamais comme mon mari », a écrit cet été sur Instagram la créatrice de contenu et thérapeute Alexandra Muller. Si elle invoque des besoins différents liés à la pratique sportive et aux menstruations, « il y a aussi, tout simplement, [le fait] qu’on n’aime pas les mêmes choses ». Pourtant, il n’est pas rare, surtout pour les femmes, de « ne pas oser demander autre chose » ou de « ne pas vouloir compliquer le repas », souligne-t-elle.

L’équivalent du « parallel play » à la table du dîner a plusieurs avantages, signalait il y a quelques jours sur Reddit une habitante de Pennsylvanie. Avoir chacun son propre menu évite de devoir « faire des compromis tous les soirs » et, surtout, le préparer « est beaucoup moins stressant quand c’est juste pour soi ». Bien sûr, la règle n’est pas figée dans le marbre : « Si l’un de nous n’a pas envie de cuisiner ou préfère le même plat que l’autre, ça ne pose jamais de problème de cuisiner pour deux. »

Différences culturelles

Ce choix s’explique parfois par des différences culturelles, comme le suggère la créatrice de contenu d’origine vietnamienne Uyen Ninh. Les attentes liées au dîner sont très différentes pour elle et son mari allemand, comme elle l’illustre avec humour sur TikTok.

« Du pain et du fromage ? », propose-t-il. « C’est froid… on pourrait faire quelque chose de chaud comme une soupe de nouilles ? », suggère-t-elle. « Ta soupe de nouille, ce n’est rien d’autre que du bouillon, ça me donne encore plus faim ! », répond-il, avant que le couple continue d’égrainer les possibilités sans tomber d’accord. Conclusion d’Uyen Ninh : « Voilà pourquoi mon mari allemand et moi cuisinons et mangeons des choses différentes. »

Les différences culturelles ne sont pas réservées à des couples d’origines différentes. « J’ai grandi dans une famille où l’on préparait souvent des repas conviviaux, que toute la famille appréciait », souligne une autre utilisatrice sur Reddit qui fait « assiette à part » avec son mari de manière subie. « Ces dîners de famille me manquent beaucoup. »

En France, où la culture du repas table est très ancrée, certaines personnes sont mal à l’aise avec l’aspect individualiste d’avoir chacun son menu, comme l’expliquait un utilisateur sur le même réseau social. « Pour moi, c’est pas un problème » de ne pas partager le même plat, écrit-il.

Sa compagne ne l’entend pas de cette oreille : « Ses arguments à elle, c’est qu’un couple doit partager le même repas, qu’il faut faire des économies, et que c’est une question de compromis. » En réponse, plusieurs utilisatrices et utilisateurs francophones rassurent le trentenaire : « Quand on va au restaurant, est-ce qu’on trouve ça déprimant que la personne prenne des pâtes carbo quand vous vous prenez des tagliatelles aux légumes ? Je trouve pas », écrit l’un d’eux.

Pousser le curseur

Aurait-il la même réaction face au « food divorce », qui pousse le curseur encore plus loin et se développe aux États-Unis, selon un article du New York Post publié la semaine dernière ? « Certains couples – par ailleurs heureux – mangent séparément, même en vivant sous le même toit », explique le quotidien, qui assure que « parfois, partager un repas peut mener à une rupture ».

« Les repas pris dans des pièces distinctes connaissent une croissance rapide », notamment au sein des « jeunes générations », constate le journal. En effet, selon l’édition 2025 du Rapport mondial sur le bonheur, dîner seul « est devenu plus fréquent » au cours des deux dernières décennies aux États-Unis. Une tendance observée « dans toutes les tranches d’âge, mais surtout chez les jeunes ».

Si fait de manger solo peut être vu comme un moyen d’éviter les disputes sur le moment, cela peut s’avérer contreproductif sur le long terme. Sur ce point, le rapport est implacable : « Les personnes qui partagent plus souvent leurs repas avec autrui font état d’une satisfaction de vie et d’un état émotionnel positif nettement supérieurs », expliquent les auteurs. « Ce constat est valable pour tous les âges, tous les sexes, tous les pays, toutes les cultures et toutes les régions. » De ce point de vue, avoir de la compagnie compte finalement plus que le contenu de l’assiette, qu’il soit identique ou non.