Pourquoi cette nouvelle Hublot en or est ma montre préférée de 2026
Plus je vieillis, plus mes goûts s'affinent. Mais attention, ne confondez pas “simple” et “ennuyeux”. Non, non. La simplicité peut être époustouflante : regardez cette nouvelle Hublot.
On est mi-octobre, j’ai vu une tonne de nouvelles montres depuis le 1er janvier, et tout le monde parle désormais sans complexe de ses projets pour Noël ; je pense donc être bien placé pour commencer à faire quelques pronostics sur la “meilleure montre de 2026”. Je sais qu’il y en avait une bien plus sympa le mois dernier, mais cette Hublot Classic Fusion Tributo – plus précisément celle en or jaune, même si la version en or blanc est tout aussi géniale – pourrait bien être la montre qu’il me faut.

© Hublot
Je me souviens de la première fois où j’ai essayé une Classic Fusion. C’était en 2018, à l’époque où Baselworld était encore le salon horloger le plus animé. Je l’ai aimée parce que, contrairement à beaucoup de montres, son cadran était épuré. Il n’y avait pratiquement rien dessus, et la forme en hublot du boîtier et de la lunette sortait vraiment du lot. On y découvrait un petit clin d’œil à la Royal Oak d’AP, mais le modèle était plus épuré et moins tape-à-l’œil. Le contraste entre le caractère décontracté d’un bracelet sportif en caoutchouc noir et le boîtier en or clinquant m’a immédiatement semblé tout à fait dans mon style ; un peu comme l’équivalent horloger d’une tenue “pro” en haut et “festif” en bas.
Je pense que cette nouvelle Classic Fusion est la version la plus aboutie de l’original jamais réalisée. Le modèle original, créé en 1980 par un jeune Italien nommé Carlo Crocco, a une histoire qui compte parmi mes préférées – et pas seulement parce qu’il s’agit en quelque sorte de la montre à l’origine de la création de Hublot.
Lorsque Crocco a commencé à travailler dans l’horlogerie au sein de l’entreprise familiale en 1969, il avait pour mission de “développer des produits d’entrée de gamme”, raconte-t-il. Mais il avait de plus grandes ambitions : il voulait créer des objets plus beaux. C’est donc en hommage à son épouse Marie-Danielle qu’il a décidé de passer à l’action.
Sa philosophie était simple : “Enlever plutôt qu’ajouter.” C’est dans cet esprit qu’il a imaginé un design qui utilisait douze vis pour maintenir l’ensemble tout en indiquant l’heure. Qui a besoin d’index sur un cadran ? Pas Crocco. Il voulait créer quelque chose d’innovant qui conserve “le classicisme et le savoir-faire de l’industrie suisse”, tout en “y ajoutant quelque chose de différent et de spécial”.
Trente-huit ans avant ma première participation à Baselworld, Crocco a fait sensation lors de ce même salon en dévoilant sa nouvelle création (le sigle MDM signifiait “Marie-Danielle Montre”).
Crocco raconte que le distributeur de Vacheron Constantin en Italie lui a dit : “Mais vous êtes fou !”, tandis que le directeur de Cartier est venu lui dire : “C’est le produit qu’on aurait dû avoir.” Le moment choisi pour le lancement de la montre était toutefois crucial – de nombreux horlogers suisses paniquaient face à la crise du quartz – et a largement influencé son destin. “Nous sommes arrivés à ce moment-là avec une montre haut de gamme équipée d’un mouvement à quartz suisse. C’était le moment idéal pour présenter un nouveau modèle.”

© Hublot

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En 2026, on constate que seul l’un de ces directeurs avait vu juste. Sans la Classic Fusion, Hublot ne serait pas la force de rupture qu’elle est aujourd’hui. Et cet hommage fait revivre le logo MDM sur ce cadran en onyx noir poli à 6 heures, ainsi que les 12 vis qui le maintiennent et indiquent l’heure. Je suis tout à fait favorable au boîtier de 38 mm (le modèle original mesurait 36 mm), car cette taille s’adapte mieux à mon poignet, d'autant plus lorsqu’une montre possède des cornes comme celles-ci. Mais surtout, elle est animée par un mouvement maison qui témoigne de l’évolution technique considérable de Hublot au cours des 46 dernières années : le calibre manufacture à remontage automatique HUB1711, doté d’une réserve de marche de 50 heures.

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“Le minimalisme par la conception” et “la profondeur horlogère” sont deux notions auxquelles Julien Tornare, PDG de Hublot, accorde une grande importance, et cet hommage les incarne toutes deux à profusion – rendant ainsi hommage à l’original de Crocco non pas “en le figeant dans le temps, mais en le maintenant en mouvement”.
Mon verdict est sans appel : 10/10 pour une simplicité pure et sans artifice. C’est exactement ce qui me parle en ce moment. Mais comme je l’ai dit, il n’y a absolument rien d’ennuyeux à voir ici.
Article initialement publié sur GQ UK