Présidentielle 2027. Retailleau, Philippe et Attal se livrent à une primaire sauvage, mais qui l'emportera?
À la fin, il n’en restera qu’un. Ou peut-être pas. En campagne depuis des mois, Édouard Philippe et Gabriel Attal pour le bloc central, et Bruno Retailleau pour la droite Les Républicains (LR), se livrent à ce qui ressemble à une primaire sauvage. Chacun avance, dans son couloir respectif, espérant s’imposer d’ici la fin de l’année comme le candidat évident et incontesté de son périmètre politique. Déplacements, discours, passages dans les médias, forte présence sur les réseaux sociaux, publication de livre : tous les moyens sont bons même si les stratégies diffèrent pour tenter de se qualifier au second tour.
Pour l’instant, le mieux placé est Édouard Philippe (Horizons). Il a prononcé, jeudi à Angers, un discours que son entourage qualifie de « fondateur », consacré à l’adaptation nécessaire du pays aux défis climatiques. Parmi les très nombreuses propositions du maire du Havre, certaines sont en contradiction avec celles des Bruno Retailleau. Quand ce dernier veut supprimer le ZAN (zéro artificialisation des sols), Édouard Philippe, lui, souhaite maintenir cette norme. « Il faut préserver le foncier agricole et c’est aussi une question de biodiversité », défendent ses proches.
Une « main tendue », mais pas saisie
De son côté, Gabriel Attal multiplie les déplacements, notamment à Reims jeudi pour une grosse séquence sur l’Europe avec une réponse au discours sur l’État de l’Union d’Ursula von der Leyen. Quant à Bruno Retailleau, il a présenté en début de semaine un catalogue de mesures en faveur du pouvoir d’achat des Français, l’une des préoccupations les plus vives au moment où le coût des carburants s’envole.
Édouard Philippe a proposé l’idée d’une rencontre autour de la Toussaint, mais sa « main tendue » n’a été saisie ni par l’un ni par l’autre. « Il est le seul capable de réunir Attal et Retailleau, le seul à pouvoir parler aux deux », insiste pourtant son entourage.
La primaire de moins en moins probable
« Gabriel Attal n’est pas le candidat de la droite et du centre. On considère qu’il y a une rupture d’organisation de la sphère politique », décrypte un membre de la campagne du candidat Renaissance, qui n’entend pas ralentir, ni rallier Philippe. Encore moins Bruno Retailleau jugé trop à droite.
Challenger dans cette course, Attal a toujours défendu l’idée d’une primaire et n’y a pas renoncé, même si elle paraît de moins en moins probable. Le président des LR, lui, n’en veut pas, convaincu qu’il finira par s’imposer face aux « centristes » et « macronistes » qu’incarnent à ses yeux Philippe et Attal. Mais même en interne, sa stagnation dans les sondages commence à inquiéter. D’où l’accélération d’Édouard Philippe, qui cherche à capter l’électorat de droite encore attaché à LR : il doit présenter sa réforme des retraites, très attendue, avant la fin septembre – une occasion de construire son propre récit et de se démarquer de ses adversaires.
« Les gens tendent moins l’oreille quand ils s’expriment car il n’est pas certain qu’il y ait un bulletin de vote à leur nom, contrairement à Mélenchon ou à Le Pen », décrypte une ministre en parlant du trio Philippe, Attal, Retailleau. Pour l’instant, aucun ne plie le match : aucun ne peut garantir sa victoire face au Rassemblement national.