Devant le tapis rouge de la 83e Mostra de Venise, les fans de la saga Twilight s'étaient réunis par centaines, samedi après-midi, sur le Lido, pour accueillir Robert Pattinson. À l'affiche de Primetime de Lance Oppenheim, dévoilé en Compétition, l'acteur anglais campe une autre forme de vampire, le présentateur de téléréalité Chris Hansen…

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À partir de 2004, ce journaliste américain est devenu une star du petit écran aux États-Unis grâce à To Catch a Predator. Diffusée sur NBC jusqu'en 2008, cette émission à succès piégeait des prédateurs sexuels d'enfants en ligne en ayant recours à des caméras cachées. Avant que, sans surprise, une affaire ne tourne très mal…

"Primetime" de Lance Oppenheim, avec Robert Pattinson, Merritt Wever, Skyler Gisondo… ©A24

Une production A24

Documentariste américain — on lui doit Some Kind of Heaven (sur la plus grande communauté de retraités de Floride en 2020) et Spermworld (sur le don de sperme en 2024), mais aussi la série documentaire HBO Ren Faire —, Lance Oppenheim signe, à 30 ans, son premier long métrage de fiction.

De façon outrancière, Primetime met en scène l'ambition dévorante d'un homme habité par ses propres démons, jusqu'à sa chute. Un personnage assez binaire, campé par un Robert Pattinson comme toujours très peu expressif. Face à une galerie de personnages guère plus travaillés : sa productrice Andie Bender (Merritt Wever), un jeune aspirant-comédien servant d'appât (Skyler Gisondo), un chasseur de pédophiles en ligne aidant la production (Matthew Maher)…

A24, la nouvelle fabrique à oscars

Produit par A24, Primetime est presque une caricature du savoir-faire du "studio" qui règne désormais en maître sur le cinéma indépendant américain. Photographie contrastée chiadée pour nous replonger dans l'époque, atmosphère lourde et malsaine, personnages torturés… Que ce soit la direction artistique ou dans le développement thématique, tout concourt à tirer le récit à la lisière du cinéma de genre. Jusqu'à la mise en scène, littérale, du démon passé qui continue de hanter Hansen et qui est censé expliquer son combat contre la pédophilie. Quitte à prendre le risque de se décrédibiliser en tant que journaliste vis-à-vis de ses collègues de NBC.

British actor Robert Pattinson and British singer Suki Waterhouse attend the red carpet event of
British actor Robert Pattinson and British singer Suki Waterhouse attend the red carpet event of "Primetime" presented in competition at the 83rd International Venice Film Festival, at Venice Lido on September 5, 2026. (Photo by Tiziana FABI / AFP)

Mise en scène appuyée

Dans sa mise en scène, Oppenheim fait le malin. Le documentariste veut à tel point faire du "cinéma" qu'il en oublie au passage de réfléchir à ce qu'il veut dire. Ainsi, il n'esquisse quasiment aucune réflexion sur ce moment de télévision, pourtant présenté comme "historique". Tellement concentré sur ses personnages et leurs petites névroses, il élude quasiment l'impact qu'a pu avoir To Catch a Predator sur les téléspectateurs — le show joue de façon sensationnaliste sur les tendances voyeuristes inhérentes à la téléréalité.

Aujourd'hui, la chasse aux pédophiles en ligne a quitté le petit écran, mais existe toujours. Elle se déroule en direct sur les réseaux sociaux et continue de poser les mêmes questions morales et juridiques. Comme le met en scène le Belge Olivier Pairoux dans son deuxième film, le polar Vigilante, avec Eddy De Pretto dans son premier grand rôle au cinéma et qui sort ce mercredi sur nos écrans.

Lance Oppenheim, sur le plateau de "Primetime". ©A24
Primetime

Drame De Lance Oppenheim Photographie David Bolen Scénario Ajon Singh Musique Ari Balouzian Montage Daniel Garber Avec Robert Pattinson, Merritt Wever, Skyler Gisondo, Tony Revolori… Durée 1h50

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