"Je suis satisfait des quatre points, mais on ne va pas l'être d'une soirée comme ça" : le double visage du RCN
Après une solide première mi-temps marquée par des essais de classe, le RCN a perdu pied dans le second acte. Pour les acteurs de la rencontre, le bilan est donc mitigé.
Le Parc des Sports et de l'Amitié a vécu sept minutes de folie. Entre la 13e et la 20e, le RCN a marqué quatre essais, faisant étalage du projet de jeu offensif des Audois. Clément Bitz concluait un assassin turnover ; après une relance amorcée depuis les 22 mètres et un relais parfait de Solomon Alaimalo, Lubabalo Dobela mettait les cannes ; renvoi, longue possession et Aphiwe Dyantyi exploitait le surnombre en bout de ligne ; Faletoi Peni interceptait une passe sans détermination de Noé Darrelatour. Le public narbonnais était en transe, certains réclamaient le bonus offensif, d'autres jubilaient du retour des "Blacks de la Méditerranée".
Mais chez les acteurs de cette rencontre pas de grands sourires ni d'effusion de joie malgré les quatre points accrochés. Au moment d'évoquer les belles attaques des siens dans le premier acte, Naël Souid était même nuancé. "On ne va pas se mentir, on a eu un petit peu de chance, quelques rebonds favorables et des pertes de balles qui nous ont permis de jouer ces ballons", avouait-il, lucide. Très vite, dans sa réponse, le troisième ligne glissait vers la seconde période.
41 secondes pour quatre essais...
Si pendant 40 minutes les offensives étaient léchées, le contre en touche était efficace et la défense solide grâce à la densité physique locale, tout allait s'inverser dans le second acte. Incapables de remettre la main sur la balle, Narbonne subissait dangereusement face au dynamisme apporté par les six changements d'un coup chez les Violets. Pour preuve, selon AIA Sports, le RCN a passé 41 secondes dans les 22 mètres adverses contre... 5 minutes et 51 secondes pour le SAXV ! "À la sortie des vestiaires, on savait que ça allait piquer. On les a laissés dans le match à chaque fois. On a commis des fautes, on leur a permis de venir dans notre camp, de faire des ballons portés, d'enchaîner les temps de jeu. C'était compliqué de défendre. Ils venaient chez nous et ça les engorgeait d'énergie. On subissait, on se disait qu'il ne fallait pas faire de fautes, mais on les accumulait encore plus", reprenait Naël Souid.
Son entraîneur des avants, David Fourtané, avait, au mieux, un rictus : "Je suis satisfait des quatre points, mais après on ne va pas l'être d'une soirée comme ça. On s'est endormi. Je ne sais pas pourquoi nous avons deux visages, mais c'était pareil les matchs d’avant." Malgré ces regrets, Narbonne a comptablement validé son bon début de saison à une semaine d'un derby bouillant à Béziers, où il pourra se rendre sans pression chez une équipe en difficulté. Pour, en cas de succès, avoir un grand sourire, cette fois-ci !