Les syndicats ont l’impression, disent-ils, de se répéter. Ils réclament des réponses concrètes aux problèmes récurrents dans les prisons de notre pays : surpopulation, pénurie de personnel ou encore état des bâtiments.

Le secrétaire fédéral de la CGSP-Services publics, Grégory Wallez, dresse un état des lieux peu glorieux : "Nous avons pris la décision de voir tous les établissements pénitentiaires en Belgique et de voir en fait ce qui n’allait pas dans ces établissements. Le constat a été alarmant".

Quand c’est stop, c’est stop !

Grégory Wallez, secrétaire fédéral de la CGSP-Services publics

Le syndicaliste énonce ce constat, oscillant entre inquiétude et colère : "Régulièrement les mêmes points sont revenus, donc surpopulation, matelas à terre, dégradation des bâtiments, voire vie insalubre par moments. Les conditions de travail des agents dans de tels établissements deviennent insoutenables. Je ne parle même pas alors des conditions de détention des détenus".

"Franchement, c’est honteux de la part de l’État belge de laisser des personnes comme ça, même s’ils sont condamnés et qu’ils doivent suivre une détention. On trouve ça aussi inadmissible. Et donc voilà, quand c’est stop, c’est stop.", prévient-il.

En ce qui concerne la pénurie de personnel, Grégory Wallez pointe au hasard un cas parmi d’autres : "Si je prends l’exemple de la prison d’Arlon, on a 86% d’équivalent temps plein au lieu de 100%".

Jusqu’ici, les agents pouvaient faire grève pendant 48 heures avant de pouvoir être réquisitionnés. Mais au début de cet été, un arrêté royal a changé la donne. Un service minimum est désormais instauré dès les 24 premières heures de grève.

Une mesure portée par Annelies Verlinden. Pour la ministre de la Justice, les grèves répétées dans les prisons ont trop souvent mobilisé la police ou la Croix-Rouge.

Pour nous, c’est réellement une trahison de la ministre de la Justice.

Cette décision de la ministre ne passe pas auprès des syndicats qui estiment qu’il s’agit d’une atteinte au droit de grève.

Le secrétaire fédéral du syndicat socialiste, Grégory Wallez, le dit haut et fort : "Pour nous, c’est réellement une trahison de la ministre de la Justice. Il n’y a plus lieu de faire 24 heures de grève. Et donc maintenant, forcément, les préavis seront avec plusieurs jours de grève".

Ce quota d’agents réquisitionnés n’est cependant pas nécessaire d’emblée. En Wallonie, pour l’instant, seule la prison de Marche-en-Famenne a demandé trois réquisitions.

C’est surtout à Bruxelles, que la mesure s’appliquera, souligne Grégory Wallez : du personnel devrait être réquisitionné pour Forest et Saint-Gilles. "On parle quand même de dizaines de réquisitions. Et je crains que ce chiffre augmente à partir de la semaine prochaine".

Les réquisitions ont été réglementées pour garantir une série de services aux détenus. "C’est ce qu’on appelle les neuf tâches essentielles", détaille le syndicaliste. "À titre d’exemple, c’est le repas chaud, le préau, les visites, l’hygiène, le culte, les entretiens avec les avocats. Les neuf tâches essentielles sont bien définies". Mais ces services ne doivent pas tous être assurés chaque jour. Le mouvement aura donc quand même des répercussions sur la vie des détenus.

Les syndicats persistent et signent. Un bras de fer a débuté et ils n’excluent pas d’autres actions si les problèmes dénoncés ne sont pas résolus.