A en croire Me Eric Vincent, « le visage de la honte » se cache sous la barbe d’Alain. Du moins en ce lundi après-midi dans la salle du tribunal correctionnel de Draguignan. Trois jours plus tôt, c’est plutôt celui de « l’imbécillité » dans ses grandes largeurs qui s’exprimait dans les rues endormies de Saint-Maximin.

Quelques heures auparavant, le jeune homme de 19 ans avait eu le nez creux au tiercé. Un gain de 800 euros qu’il dépensait en partie avec son ami Mattéo en alcool. « Mais après, les effets ont pris le dessous » souffle Alain. - « Ce n’est pas une excuse, mais sans alcool, on n’aurait pas fait tout ça », regrette Mattéo.

Tout ça : briser les vitres de quatre véhicules dans la rue à l’aide d’une plaque d’égout, en profiter pour voler une paire de lunettes de soleil, sonner aux portes alors qu’il était 3h25, détruire une boîte aux lettres…

Un boulanger agressé « pour avoir dit non »

Mais aussi et surtout s’en prendre physiquement à un jeune boulanger qui se rendait sur son lieu de travail. Son tort ? Avoir refusé de ramener les deux délinquants en herbe chez eux, dans un village voisin.

« Il s’en est pris une tout simplement parce qu’il leur a dit non, soupire Me Céline César en partie civile. Il a dû se réfugier dans son commerce pour mettre fin à la scène de violence. »

Alors que Mattéo affirme être l’auteur des coups, la victime a toujours désigné Alain comme étant son agresseur. « Je ne peux pas vous dire, je ne me souviens de rien », regrette le prévenu.

« Stupidité absolue »

« Ce qu’il s’est passé est d’une stupidité absolue, appuie Me Vincent. Des actes de gamins sauf que ce ne sont plus des gamins. Alain est passé du 7e ciel au 36e dessous. Il ne fuit pas ses responsabilités. »

Déjà connu du tribunal pour enfants pour des faits de violences, Alain écope d’un « dernier » avertissement de la part de la justice. Il est condamné à huit mois de sursis probatoire avec obligation de soins et de travail. Mattéo, inconnu des forces de l’ordre, est condamné à six mois de sursis simple.

Le reste des gains du PMU ne suffiront pas à dédommager les parties civiles.